Ce week-end, à la conférence Yalta European Strategy (YES) à Kiev, l'affaire des drones russes en Pologne était sur toutes les lèvres. Et d'abord sur celles de Radoslaw Sikorski, le ministre des Affaires étrangères polonais qui figurait parmi les intervenants de ce rendez-vous diplomatico-militaire annuel le plus couru de la capitale ukrainienne. Il en a livré les derniers détails.
« La première incursion de drones russes a eu lieu avant minuit et le dernier tir a eu lieu à 6 h 30 mercredi matin, l'échange de tirs a duré sept heures, a-t-il expliqué. Les premières informations faisaient état de 19 drones, mais selon nos derniers rapports, il y en avait 21, qui ont été interceptés par des soldats allemands, néerlandais et polonais de l'Otan, suite à un ordre de tirer donné par le chef du commandement opérationnel polonais. »
D'après le chef de la diplomatie de Varsovie, « les drones ont pénétré en Pologne non seulement depuis l'Ukraine, mais aussi depuis la Biélorussie. Il s'agit donc d'une action délibérée, nous ne croyons pas à 21 erreurs simultanées ». Sikorski réfute aussi tout échec dans la défense de son pays et de l'Otan. Quitte à embellir la réalité. « Nous avons abattu tous ces drones », affirme-t-il. Dans les faits, certains d'entre eux sont tombés au sol, faute de carburant, sans avoir jamais été interceptés par les chasseurs de l'Alliance.
Ces dernières heures, le renseignement militaire ukrainien a donné des informations sur les drones kamikazes utilisés en Russie. Il s'agit très exactement de drones Gerbera, « un drone longue portée bon marché fabriqué à partir de matériaux tels que du contreplaqué et de la mousse, dans la vaste usine russe de Ielabuga, dans le Tatarstan. » Ces drones adaptés des fameux Shahed iraniens sont d'une envergure de 2,5 mètres, d'un poids maximal de 18 kg et d'une vitesse maximale de 160 km/h. Ce sont des engins généralement utilisés pour saturer la défense anti-aérienne ukrainienne.
Stéphane Siohan, correspondant à Kiev