« 9 à 10 demandes reçues, pour une seule qui aboutit », c'est la situation du logement social dans la Métropole de Lyon, rappelle Renaud Payre, vice-président de la Métropole chargé de l'immobilier. Et qui n'a pratiquement pas changé depuis 2020, malgré l'ambition de l'exécutif métropolitain de monter à 6.000 nouveaux logements par an, dont 1.000 en BRS d'ici 2026.
La crise, provoquée en partie par la hausse du taux du livret A, multiplié par six en un an, n'a pas épargné les finances des bailleurs sociaux,
Déjà réduites par la loi de Finances de 2018 entérinant la réduction du loyer de solidarité, les finances des bailleurs sociaux ont aussi été frappées par la hausse du taux du livret A, multiplié par six en un an. Car l'encours de dettes de ces organismes est essentiellement adossé à ce taux, ce qui fait grimper leurs intérêts. Chez Lyon Métropole Habitat (LMH), qui possède un milliard d'euros d'encours de dettes, il « faudrait 3 années de hausse de recette locative pour couvrir l'impact du livret A », résume Vincent Cristia, son directeur général.
À cela s'ajoute l'inflation sur les coûts de construction, de réhabilitation mais aussi la maintenance des parcs. Résultat : la capacité d'investissement des bailleurs s'est réduite, comme leur autofinancement.
Car tous entendent continuer à investir dans la logique contracyclique qui est la leur. Déjà, en 2024, LMH a dépassé de quasiment 60% l'objectif fixé par la Métropole, avec la réalisation de 570 logements neufs (sur 360 demandés), rappelle Vincent Cristia, directeur général de LMH.