Alors qu'un premier cas de dermatose bovine est apparu dans l'Ain et que la Confédération paysanne tenait un nouveau blocage pour empêcher l'euthanasie d'un troupeau vacciné en Haute-Savoie, le ministère de l'Agriculture maintient son cap et vise toujours une « éradication » totale de la maladie sur le territoire français.Deux mois, jour pour jour, après l'apparition du premier cas de dermatose nodulaire en Savoie le 29 juin dernier, le comité national d'orientation de la politique sanitaire animale et végétale (Cnopsav) s'est réuni ce jeudi, sous l'égide de la ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Annie Genevard.
Avec à la clé, un point d'étape sur l'épidémie qui ébranle actuellement les éleveurs bovins : au 28 août, le ministère de l'Agriculture recense 77 foyers de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en France concernant 45 élevages, qui se concentrent au sein de trois zones (la Savoie, la Haute-Savoie et, depuis la semaine dernière, dans l'Ain). Cette crise sanitaire inédite a déjà entraîné l'euthanasie de 1 700 bovins ainsi que le déblocage en urgence d'une enveloppe de 2,3 millions d'euros pour indemniser les éleveurs concernés.
Et ce, alors que la vaccination se poursuit sur le terrain, au cœur d'un rayon de 50 kilomètres autour des foyers touchés :
« Un mois et demi après le début de la campagne de vaccination, plusde 90 % des bovins des élevages des zones réglementées ont été vaccinés, ce qui correspond à plus de 220 000 bovins», confirme le ministère.
«L'éradication est possible, nous devons continuer»
Malgré l'apparition d'un nouveau cas la semaine dernière dans l'Ain, élargissant de fait la zone de surveillance à huit nouvelles communes nord-iséroises également, le ministère tient bon et se montre confiant : « Il s'agit en réalité d'une commune située à moins de 10 kilomètres d'un foyer en Savoie, nous restons donc dans la même dynamique que la zone déjà circonscrite ». Tout en rappelant qu'aucun nouveau foyer n'a été détecté depuis le 22 août, le ministère de l'Agriculture estime que « cette nette décrue témoigne de l'efficacité des mesures mises en œuvre sur le terrain et si les mesures de lutte continuent d'être appliquées avec rigueur. (...) L'éradication est possible, nous devons continuer dans cette direction. »
Le 16 juillet dernier, la première la session extraordinaire du comité national d'orientation de la politique sanitaire animale et végétale (Cnopsav) avait établi, pour rappel, la stratégie sanitaire de la France, qui repose depuis lors sur un triptyque qui reste inchangé : l'interdiction stricte des déplacements associée à la mise en place de la vaccination au sein de la zone réglementée, ainsi que le dépeuplement total du cheptel concerné en cas d'apparition d'un cas de DNC. « L'objectif était bien de faire disparaître la DNC du territoire français rapidement, il fallait agir vite », justifie-t-on, dans l'entourage de la ministre Annie Genevard.