RECIT. L'accumulation de textes européens concernant les start-up a convaincu de nombreuses entreprises de la French Tech de se doter d'une direction des affaires publiques. Ce phénomène récent révèle une prise de conscience de l’impact des politiques publiques sur leur business, signe d'une nouvelle maturité pour l'écosystème tech.Lorsque Hugo Weber rejoint la start-up spécialiste de l'e-commerce Mirakl en 2021, c'est en tant que directeur de la communication. Mais très vite, un élément inattendu redéfinit sa fiche de poste. Sur son bureau l'attend le dossier Digital Services Act (DSA), un règlement européen qui s'applique à l'ensemble des plateformes en ligne.
« Personne ne l'avait ouvert et on s'est vite aperçu que ça pouvait impacter notre business », se souvient-il. Le trentenaire devient alors officiellement, « directeur de la communication et des affaires publiques », et passe beaucoup de temps à identifier les conséquences du texte sur l'activité de Mirakl. Après le temps du constat, vient celui de l'action. Hugo Weber multiplie les prises de rendez-vous auprès de la Commission européenne et des députés européens pour tenter de faire entendre sa voix aux côtés d'autres marketplaces comme BackMarket ou ManoMano.
«En phase de croissance, ce qui compte, c'est le business»
Mais alors pourquoi les start-up prennent-elles le risque de passer à côté d'une nouvelle régulation capitale pour leur activité, en se privant d'un directeur des affaires publiques? « En phase de croissance pour une start-up, ce qui compte, c'est le business. Or, s'intéresser à ces sujets de régulation nécessite beaucoup de temps », précise Hugo Weber. Et aussi d'argent, car ces profils coûtent cher.
Par ailleurs, la tech reste un secteur sur lequel les réglementations européennes et françaises sont relativement récentes. Même si, en très peu de temps, sous le précédent mandat d'Ursula von der Leyen, de nombreux textes ont été adoptés (AI Act, DSA/DMA, Data Governance Act, Data Act...).