La décision était attendue depuis près de six ans. Après de multiples rebondissements et la menace d’exporter le projet hors de l’Hexagone, le conseil d’administration de Safran a finalement choisi la plaine de l’Ain pour sa future usine de production de freins carbone aéronautiques.[Article publié le 31 juillet à 17h40 et mis à jour le 1er août à 8h45]
Une « fierté » pour certains et surtout une bonne nouvelle pour l'exécutif français en cette période de turbulences économiques et géopolitiques. Annoncée en 2019 par Emmanuel Macron, l'implantation de l'usine de freins aéronautiques de Safran aura finalement mis six ans à trouver l'emplacement idéal pour poser ses fondations. Initialement prévue dans la vallée de la Chimie, le projet avait finalement été mis en concurrence avec deux autres sites à l'étranger, en Oregon, aux États-Unis, et au Québec, et avec deux territoires français, l'Ain et Belfort.
Le conseil d'administration de l'équipementier aéronautique a finalement tranché, optant pour le Parc industriel de la plaine de l'Ain (Pipa), situé aux portes de Lyon, à Saint-Vulbas. Ce site s'étend sur près de 1 000 hectares et accueille déjà près de 180 sociétés industrielles, réunissant près de 8 200 travailleurs, auxquels s'ajouteront d'ici à 2030, date d'entrée en service du futur site de Safran, une centaine d'employés « hautement qualifiés », puis le double, une fois le rythme de croisière atteint.
L'investissement pour ce projet s'élève à 450 millions d'euros, avec une participation de l'État à hauteur de 15 millions d'euros et une autre de la région, dont le montant n'est pas encore déterminé, souligne l'ex-président de la Région, Laurent Wauquiez.
Renforcer son positionnement sur les freins carbone
Cette future usine, dotée d'une surface de 30 000 mètres carrés, servira à la production des freins carbone de Safran et viendra ainsi compléter l'implantation mondiale de Safran Landing Systems - Villeurbanne (France), Walton (États-Unis) et Sendayan (Malaisie). Elle doit ainsi renforcer le leadership de l'équipementier aéronautique, qui fournit déjà 55 % des avions commerciaux de plus de 100 places avec ses freins carbone.