La Côte d’Opale à l’heure anglaise
Mathilde Giard
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Le cap Blanc-Nez, à 30 kilomètres au nord de Boulogne-sur-Mer.
© LTD / LES COFLOCS
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Le cap Blanc-Nez, à 30 kilomètres au nord de Boulogne-sur-Mer.
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Sous la mer, à 60 mètres de profondeur, Philippe Cozette abat la dernière paroi au marteau-piqueur. La chaleur est étouffante, 35 degrés. Une fois le trou devenu assez grand, l'ouvrier se retrouve face à son comparse anglais qui a donné le coup de pioche côté britannique, Graham Fagg. Voilà réunis, ce 1ᵉʳ décembre 1990, les deux tronçons du tunnel sous la Manche, qui allait être inauguré trois ans et demi plus tard. « Nous nous sommes serré la main ; je lui ai dit "Welcome to France" et lui m'a salué d'un "Bonjour mon ami" en français : nous le sommes restés jusqu'à sa mort, il y a deux ans », livre ce septuagénaire.
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Cet enfant du pays a plaisir à jouer les « greeters » - guides bénévoles - près de l'entrée du terminal du Shuttle, emprunté chaque jour par 400 trains, à une poignée de kilomètres de Calais, dans le Pas-de-Calais. Philippe Cozette se trouve cette fois en surplomb des flots, à mi-pente du cap Gris-Nez. Emmitouflé dans son coupe-vent, il décrit, photos à l'appui, comment ce chantier a façonné la campagne. Il suffit de plisser les yeux pour apercevoir les falaises blanches de Douvres, à 34 kilomètres de l'autre côté du Channel. Preuve de leur proximité, un texto s'affiche sur l'écran du téléphone alors que l'on s'approche du bord de l'avancée argilo-gréseuse : « Bienvenue au Royaume-Uni ».
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