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Effondrement des valeurs tech : sommes-nous de retour en 2000 ?

Neil Campling

Publié le 01 décembre 2022 à 07:34 - Mis à jour le 01 décembre 2022 à 07:34

Nasdaq va lancer une offre rivale d'euronext sur oslo bors

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OPINION. Les faibles bénéfices et les perspectives décevantes publiés par les plus importantes sociétés technologiques au monde, incontournables par leur influence sur les marchés, pourraient rappeler l'éclatement de la bulle internet de mars 2000. Par Neil Campling, Directeur de la recherche technologique, Mirabaud Equity Research

Meta a vu disparaître 800 milliards de dollars de capitalisation boursière depuis son pic de septembre 2021, Amazon et Microsoft respectivement 945 et 1000 milliards de dollars au cours des 12 derniers mois, Alphabet 663 milliards de dollars depuis novembre 2021 et Apple a vu s'évaporer pas moins de 511 milliards de dollars depuis son sommet de janvier 2022. La totalité de la capitalisation boursière perdue par ces « cinq grands » est de 3 900 milliards de dollars, une somme supérieure à la totalité de la capitalisation boursière actuelle de l'Euro Stoxx 50 (3 500 milliards de dollars).

Une chose est sûre : les investisseurs ne sont aujourd'hui plus très convaincus par les valeurs technologiques. Nombreux sont ceux qui souhaitent miser sur les champions du prochain cycle technologique, mais qui ne sont pas disposés à perdre 20 % de leurs investissements avant de gagner 4 ou 5 fois la mise. Les investisseurs tentent de déterminer si les derniers mois ne sont qu'un simple ralentissement à court terme (comme l'indique le consensus des analystes) ou s'il s'agit du début d'une phase pluriannuelle de sous-performance du secteur, comme cela s'est produit après 2000.

Quels sont les parallèles avec la bulle technologique de 2000 ?

En 1999/2000, le secteur technologique a connu une croissance rapide grâce à une augmentation importante des budgets informatiques liés au passage à l'an 2000. Selon une enquête ML de 1999, achats de logiciels et de matériels en prévision de mises à jour urgentes ont pu concerner près de 40% des utilisateurs de PC. Cette même enquête soulignait également que les services, le stockage, les serveurs et les logiciels d'entreprise représentaient aussi une augmentation des dépenses informatiques en raison du passage à l'an 2000.

De nombreuses analogies ont aussi été faites entre le passage à l'an 2000 et les catastrophes naturelles. Le passage à l'an 2000 a été considéré par les économistes comme un tueur de productivité, car il a fallu détourner des fonds et du capital intellectuel pour corriger le "bug". Cependant, une étude de Stanford contredit ce mythe en expliquant que la perte de 1,5 million d'emplois entre 2000 et 2005 était due aux dépenses liées au passage à l'an 2000 pour améliorer l'efficacité et la productivité des entreprises. La commission spéciale du Sénat américain sur le problème technologique de l'an 2000 a conclu que les préparatifs de l'an 2000 ont apporté des avantages "durables" : "le passage à l'an 2000 a provoqué une augmentation du niveau de connaissance des cadres supérieurs quant à l'importance et aux vulnérabilités que représentent les technologies de l'information."

À l'approche du nouveau millénaire, les entreprises avaient la possibilité de passer de l'ordinateur central aux systèmes informatiques client-serveur, d'adopter des systèmes de planification des ressources de l'entreprise (ERP) et de gestion de la relation client (CRM), et de développer des applications de commerce électronique. Les entreprises qui ont décidé de remplacer leurs anciens systèmes ont obtenu en même temps les externalités positives de la mise en conformité pour le passage à l'an 2000 et ont donné le coup d'envoi à la création de la nouvelle génération de success stories entrepreneuriales. Parfois, ces entreprises naissantes tombent au premier obstacle. Mais il y a toujours un pur-sang qui finit par sortir du lot. Après la pléthore de Yahoo, Excite, WebCrawler, Lycos, Alta Vista et Ask Jeeves - vint Google. Lequel d'entre eux a résisté à l'épreuve du temps avec le mantra de la Silicon Valley, KISS (KEEP IT SIMPLE, STUPID ou "garde ça super simple") ?

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Des opportunités en 2023 ?

Aujourd'hui, il est possible de trouver des similitudes entre le bug de l'an 2000 et le "Cycle covid". Les attentes ont-elles été exagérées quant à l'accélération du passage au commerce en ligne, la renaissance durable du PC, le retour des joueurs redécouvrant leur amour des jeux ou le remplacement des monnaies fiduciaires par les cryptomonnaies? La Fed en émettant des chèques aux day traders a créé une nouvelle économie d'investisseurs comme les chauffeurs de taxi à New York en 1999.

Une chose est sûre, ces périodes d'incertitude sont l'occasion de découvrir quelle sera la prochaine génération de champions. Les tendances de la transformation numérique vont se poursuivre, avec les mêmes moteurs séculaires - c'est juste le rythme de la transformation qui doit être ajusté. La technologie n'est pas un investissement discrétionnaire, c'est une exigence. Par exemple, Shopify pourrait devenir LA nouvelle plateforme viable de commerce électronique, en remplacement d'Amazon. Une nouvelle forme de divertissement pourrait renaître des cendres des jeux vidéos et de la saturation des plateformes de streaming. Ethereum pourrait devenir une technologie blockchain de confiance. Il est probable qu'il y ait un nouvel acteur disruptif dans le secteur des véhicules électriques, peut-être Polestar, mais la majorité d'entre eux seront à court d'argent avant même que l'on puisse s'inquiéter de leur autonomie.  Au début des années 2000, il y avait de l'argent à gagner dans les actions technologiques. Il fallait trouver les pépites cachées dans les décombres, pour ainsi dire. L'année 2023 devrait offrir des opportunités similaires.

Neil Campling

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