Douze mois se sont écoulés depuis le terrible pogrom du 7 octobre 2023, douze mois de guerre qui ont plongé les juifs, en France et ailleurs dans le monde, dans une insécurité inédite. Gratis, insultes, violences physiques, incendies de lieux cultuels, mobilisation d'étudiants et même d'élèves reprenant les slogans les plus radicaux à l'encontre d'Israël et des « sionistes », sont devenus les expressions banales d'une hystérie qui fait son miel des amalgames et du manichéisme le plus dogmatique. Pis, des élus ont importé jusqu'au sein de l'Assemblée nationale cet antisionisme dont ils ont fait un article électoral. Le résultat de leurs obsessions se lit aujourd'hui dans les chiffres accablants de l'antisémitisme recensés par le ministère de l'Intérieur, dans la croissance exponentielle des plaintes recueillies par la Licra mais aussi dans les études sondagières qui attestent l'effondrement de barrières morales.
Dans ce contexte de crise, où nous peinons à trouver dans nos traditions humanistes et nos institutions républicaines les ressorts d'un dialogue citoyen, il apparaît urgent de réamorcer une action politique forte contre l'antisémitisme. Elle doit émaner des dirigeants politiques et des élus, des responsables de partis, des corps intermédiaires et de la société civile. Déplorer l'explosion des chiffres, clamer son indignation ne su t plus. Le message institutionnel et politique doit partout ruisseler, porté par une volonté qui ne se satisfait plus de déclarations et de postures.