« Le féminisme ne doit pas craindre la présomption d’innocence » (Laure Heinich, avocate pénaliste)
Laure Heinich
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Laure Heinich, avocate pénaliste.
© Pascal Ito/Flammarion
Laure Heinich
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Laure Heinich, avocate pénaliste.
© Pascal Ito/Flammarion
Depardieu, Cauet, Poivre d'Arvor, Matzneff, Bedos. Certains diront « n'en jetez plus ! », d'autres demanderont d'en jeter encore. Parmi les débatteurs les plus virulents, personne n'avait imaginé que l'un d'eux puisse dire de ces hommes qu'ils font l'honneur de la France. Plutôt que d'évoquer son admiration pour Gérard Depardieu, le président de la République n'aurait-il pas dû valoriser l'émergence de la parole des femmes ? « Grande cause nationale » mais petits effets, il ne leur a pas concédé un mot. Pourtant, avant toute chose, ces affaires sont principalement le nom d'une parole devenue possible après des siècles où les « non » ont été tus par les femmes face au pouvoir de l'homme, supérieur hiérarchique, figure à l'ascendant indéniable ou personnalité célèbre, puissant, respecté, capable de bannir celle qui s'oppose, refuse, parle.
À lire également
Par ses propos, le président, mercredi soir dans l'émission C à vous, dit que les femmes se heurtent encore au déni de leur parole. Ces affaires signifient qu'aujourd'hui, enfin, on se défend et l'on débat - n'en déplaise au président. Il n'existe pas de liberté plus forte que celle de s'exprimer. Plus qu'une liberté, il s'agit peut-être même d'un impératif de société, un impératif vital. Ce n'est pas sans raison que la loi pose le principe de la liberté d'expression sur son podium constitutionnel, principe consacré par les droits français et européen.
Laure Heinich