Au premier rang du court central mercredi, la présence des huiles de la formation française aurait pu intimider Nadia Benyahia. Oui, elle situe Ivan Ljubicic, directeur du haut niveau à la Fédération (FFT) ; Pauline Parmentier, responsable des joueuses espoirs; ou encore Louis Borfiga, référence en matière de façonnage de champions. Mais, non, dit-elle avec sa voix fluette et les phrases courtes de ses 13 ans, ces regards n'ont pas influé sur sa prestation. C'était une sèche défaite au 2e tour des Petits As, officieux Mondial des moins de 14 ans, et c'était la dernière Française en lice.
Comme un reflet de ce qui s'est passé chez les grandes à l'Open d'Australie, où seule Varvara Gracheva a gagné un match. Si le secteur masculin bourgeonne de nouveau (Ugo Humbert, Arthur Fils, Giovanni Mpetshi Perricard, têtes de série à Melbourne), tout en gardant une vieille branche sous le coude (Gaël Monfils), le paysage s'assombrit encore côté femmes. Les Bleues ont été reléguées en 2e division et le top 50 de la WTA est un terrain abandonné, ce qui ne s'était produit qu'une fois depuis 1986.
Caroline Garcia, souvent utile en cache-misère, a 31 ans et les ailes abîmées. Les jours heureux, étalés au gré des titres en Grand Chelem - cinq entre 1995 et 2013, signés Mary Pierce, Amélie Mauresmo et Marion Bartoli - ou en Fed Cup prennent d'autant plus la poussière que personne ne se profile pour souffler dessus. On peut, certes, encore croire (un peu) au jeu délié de Diane Parry, 22 ans et éphémère numéro un tricolore ; elle reculera à la 85e place demain. Mais il faudra patienter pour voir la flamme ravivée.