Ces quinze dernières années, la Supercoupe d'Europe n'a échappé qu'une fois au vainqueur de la Ligue des champions : c'était en 2018 et le Real Madrid avait cédé le trophée à son voisin, l'Atlético. Autant dire que la cote de Tottenham est élevée à trois jours du match contre le Paris Saint-Germain. Le 17e de la dernière saison de Premier League contre l'équipe jugée à l'unanimité comme la meilleure du continent depuis le début de l'année, quatre titres à la clé. Déséquilibré ?
En temps normal, les Spurs auraient composé de parfaites victimes. Mais tout a changé le 21 mai. À Bilbao, les joueurs londoniens ont triomphé d'autres moribonds, ceux de Manchester United, dans une finale de Ligue Europa certes terne (1-0). Leur premier trophée depuis une Coupe de la Ligue en 2008.
« Une joie pure et un soulagement », se souvient Steve Jennings, éditeur du fanzine 1882 - l'année de la fondation du club. Une parade a été organisée pour célébrer les joueurs qui, dans le même temps, ont signé leur pire classement depuis la création de la Premier League. « C'était comme si, d'un coup, dix-sept années de peines et de frustration se trouvaient justifiées par un rare moment de bonheur », soutient le supporter, toujours pas redescendu de son nuage. Et qui veut désormais croire à un nouveau miracle face à l'armada parisienne.
À moins que ce ne soit qu'un début ? L'attaquant français Mathys Tel a reconnu que ce rendez-vous inespéré contre le PSG avait rendu la préparation estivale encore plus studieuse. Ce grand espoir, attiré en janvier alors qu'il peinait à trouver sa place au Bayern Munich, entend prouver que « Tottenham n'est pas un simple club mais un grand club ».