Rugby : les Bleues ont résisté aux reines anglaises
Stéphane Colineau

La joueuse anglaise Abbie Ward et la Française Charlotte Escudero.
LTD / Andrew Boyers / Action Images via Reuters
Stéphane Colineau

La joueuse anglaise Abbie Ward et la Française Charlotte Escudero.
LTD / Andrew Boyers / Action Images via Reuters
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Un linceul gris enveloppait le ciel quand les Françaises ont fait leur entrée hier après-midi sur la pelouse de Bristol. Mauvais présage. Quatre-vingts minutes plus tard, leur rêve était enterré. Vaincues par l'Angleterre (17-35), elles ont échoué pour la troisième fois de suite à se hisser en finale de la Coupe du monde.
Samedi prochain (27/09), ce sont les Anglaises, favorites sur leur sol, qui disputeront la couronne aux Canadiennes, leurs dauphines au classement mondial.
Désespérément logique. Les Red Roses sont invaincues depuis 32 matchs et trois ans. Leur dernière défaite, la seule en sept ans, remonte à la dernière finale de la Coupe du monde contre la Nouvelle-Zélande (31‑34). Et leur dernier revers contre les Bleues, au 10 mars 2018 (18-17). Hier, elles les ont dominé pour la 17e fois de rang.
En ne concédant que 5 essais, les Françaises pourront se flatter d'avoir fait chuter la moyenne (9,5 par match) des coéquipières d'Aldcroft depuis le début de la compétition. C'est une maigre consolation, et c'est mal payé. Passé l'orage attendu des premiers instants, marqués par un essai précoce de Kildunne (5e), Marine Ménager et sa bande ont épaté leur monde. Un essai de Nassira Konde (24e) leur a permis de talonner à la pause des Anglaises inhabituellement fébriles (5-7).
Mais inexorablement, les épouvantails du rugby féminin ont creusé leur sillon, empilant quatre nouveaux essais quand les Bleues ne ripostaient que deux fois. L'absence pour suspension de Manae Feleu, habituelle capitaine et puissante deuxième ligne, a pesé.
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Cette issue malheureuse n'empêchera pas la fédération française de considérer que cette Coupe du monde a été un succès. Elle aura assuré une promotion inédite du rugby féminin. Le XV de France a attiré en moyenne 3,5 millions de téléspectateurs par match. En un an, les adhésions dans les clubs ont bondi de 38 %. Cette base élargie est la promesse de lendemains qui chantent. Pour concurrencer les meilleures, il ne reste plus qu'à créer un championnat professionnel. Comme en Angleterre.
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