ENTRETIEN — Le roc de Liverpool et de l'équipe de France raconte comment il envisage ses duels avec les grands attaquants qu’il croise en club comme en sélection.Vendredi contre l'Ukraine (0-2) pour sa 21e titularisation en équipe de France, Ibrahima Konaté a livré une prestation à la hauteur de son talent, sauvant notamment une balle d'égalisation sur la ligne. Loin de la fébrilité entrevue en Croatie et contre l'Espagne cette année. Solide, ce Parisien de naissance (26 ans) l'est aussi en interview. Nous l'avons rencontré mardi à Clairefontaine.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Un duel avec un attaquant commence dans le couloir ou sur le terrain ?
IBRAHIMA KONATÉ — Il débute avant le match. Ça passe par une analyse de son jeu car ils ont tous un style différent. Pour ma part, il ne s'agit pas d'une préparation extrême : je vois à peu près comment ils jouent et je m'entraîne normalement. Pour mon premier match en pro, avec Sochaux contre Monaco, j'étais allé sur YouTube regarder des vidéos de [Radamel] Falcao. Le problème, c'est qu'en voyant ça je me suis demandé comment j'allais arrêter ce mec ! Résultat, je ne l'ai plus jamais fait. Un match, c'est quatre-vingt-dix minutes, pas une compilation des meilleures actions. Mais aujourd'hui, j'essaie de regarder un maximum de matchs, ce que je ne faisais pas avant.
Pour progresser. Quand j'ai commencé à jouer avec [Virgil] Van Dijk, j'étais surpris : avant les matchs, il me détaillait l'attaquant qu'on allait affronter. Je me suis rendu compte qu'il regardait presque tous les matchs et connaissait tous les adversaires. Alors que moi, parfois, on me parle d'un joueur, je ne sais pas qui c'est et on me regarde comme un fou. J'ai un peu changé d'optique. Il est nécessaire d'essayer de se faciliter la tâche, de ne pas se limiter à jouer qualités contre qualités. Donc, même si ce n'est que du coin de l'œil faute de temps, je regarde les matchs, surtout ceux de Premier League.
Propos recueillis par Solen Cherrier