Debout sur la remorque du camion, Judith Godrèche distribue une feuille imprimée aux dizaines de manifestantes qui s'approchent. Sur cette page, le portrait de Gisèle Pelicot et un mot au-dessus de son visage : « merci ». Les femmes et quelques hommes s'en saisissent, la brandissent haut avant de pousser un cri fort. Un cri de soutien pour celle qui fait face, depuis plusieurs semaines, aux 51 accusés de viols dont son ex-mari lors d'un procès qui marque la société tout entière. « Elle incarne le changement », insiste Judith Godrèche auprès de La Tribune Dimanche, entre deux chorégraphies animées par les militantes des Rosies.
En ce samedi après-midi, la figure de Gisèle Pelicot était partout dans le cortège parisien de la manifestation contre les violences sexistes et sexuelles organisée par le collectif Nous Toutes. « Je suis partagée, explique la militante féministe Caroline De Haas. D'un côté, il faut qu'il y ait des personnes qui incarnent nos luttes, mais d'un autre, cela fait peser beaucoup de poids sur une seule personne, ça peut être dangereux pour elle. » Cécilia, 53 ans, manifestait hier pour la première fois et c'est le courage de « Gisèle » qui l'a fait descendre dans la rue : « D'une histoire horrible, elle a réussi à faire quelque chose de tellement fort », explique cette mère de famille.