Retraites : la Cour des comptes ne suit pas Matignon
Fanny Guinochet
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Pierre Moscovici est le président de la Cour des comptes depuis juin 2020.
LTD/REUTERS/Benoit Tessier/File Photo
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Pierre Moscovici est le président de la Cour des comptes depuis juin 2020.
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Pierre Moscovici ne craint pas la colère de François Bayrou. À la demande du Premier ministre, le président de la Cour des comptes planche sur un état des lieux de nos régimes de retraite, qui doit servir de base à la négociation entre les partenaires sociaux. « Il s'agit de faire la vérité des chiffres », répète Pierre Moscovici. La copie qu'il s'apprête à présenter à Matignon risque toutefois d'agacer le centriste.
Et pour cause : selon nos informations, le rapport de la Cour des comptes ne retient pas sa théorie selon laquelle le déficit des régimes serait bien supérieur à celui établi par le Conseil d'orientation des retraites (COR). Ainsi, pour le Premier ministre, à horizon 2030, il manquerait 55 milliards d'euros dans les caisses, plutôt que la dizaine estimée par le COR.
La différence tient aux cotisations supérieures que les employeurs publics paient pour les pensions de leurs ex-agents et que l'État comble en creusant la dette. Cette vision inspirée des thèses de l'ancien inspecteur général des finances Jean-Pascal Beaufret suppose l'existence d'un déficit caché des régimes de retraite dû à un amalgame dans les comptes entre cotisations et subventions.
Le Conseil d'orientation des retraites comme les syndicats balaient ce raisonnement d'un revers de main. « Ça n'a pas de sens de comparer public et privé car on fait aussi faire des économies aux finances publiques en réduisant le nombre d'agents publics chaque année », s'agace Frédéric Souillot, le numéro un de Force ouvrière.
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Entre ces deux visions, la Cour des comptes a tranché. Pierre Moscovici a laissé entendre à plusieurs de ses interlocuteurs qu'il avait embrassé la méthodologie du COR. En actualisant toutefois les données macroéconomiques. Ainsi la Cour s'est-elle appuyée sur des hypothèses de croissance et de chômage plus sombres que celles retenues par le COR, souvent critiqué pour son optimisme.
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Fanny Guinochet
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