« Les Français doivent sentir chaque jour votre envie, votre détermination à travers tous les pores de votre peau. La déclaration de candidature est secondaire... » Gabriel Attal n'a pas pris à la légère ce précepte édicté devant lui par Nicolas Sarkozy. Depuis deux ans, les deux hommes ont pris l'habitude de se voir. Dans la perspective de la campagne présidentielle, l'ex-chef de l'État ne croit pas du tout en Édouard Philippe. Il juge que Gérald Darmanin court trop de lièvres à la fois. En revanche, il estime que l'ancien Premier ministre a quelque chose en plus.
Ce dimanche, Gabriel Attal va ainsi s'avancer un peu plus - sans le dire ouvertement - sur la ligne de départ de 2027. Dimanche, à l'occasion du discours qu'il prononcera lors de la rentrée de Renaissance, organisée à Arras, il posera « la matrice » - c'est sa formule - de son parti, qui servira à élaborer son projet en vue de la compétition élyséenne.
Avec celui-ci, il entend tout bousculer. « La crise politique que l'on traverse est symptomatique d'une crise plus profonde d'un modèle qui date de l'après-guerre et ne correspond plus aux réalités d'aujourd'hui, confie-t-il. Notre modèle social est remis en question par la dénatalité. Le modèle éducatif est percuté par l'IA. Le modèle institutionnel a conduit à l'instabilité. Il faut une approche plus systémique. »
En la matière, les premières propositions de l'ex-Premier ministre ont donné le ton : interdiction du port du voile pour les filles de moins de 15 ans, mise en place d'un régime de retraites par points mais sans âge légal de départ, ouverture d'une réflexion sur une GPA éthique... Toutes ces mesures ont fait parler d'elles. Elles ont aussi valu à son auteur une critique, qui, le concernant, n'est pas très nouvelle. Gabriel Attal a été accusé de ne pas avoir de colonne vertébrale et d'aller tantôt à gauche, tantôt à droite.