Présidence de LR : Laurent Wauquiez tête à clash
Jules Pecnard
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Laurent Wauquiez, candidat à la présidence de LR.
LTD/Laurent Coust/Agence 1h23
Jules Pecnard
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Laurent Wauquiez, candidat à la présidence de LR.
LTD/Laurent Coust/Agence 1h23
Laurent Wauquiez aime faire savoir qu'il court le marathon de Paris. Le député de Haute-Loire, qui fêtait hier ses 50 ans, participe aujourd'hui à l'édition 2025. En amont, il a pris soin d'évoquer auprès de plusieurs familiers son objectif : parcourir les 42 kilomètres en moins de 4 heures. Et si, en pleine épreuve, il croise une femme vêtue du voile islamique ? Osera-t-il l'apostropher, susciter la controverse ?
Il y a quelques semaines, le 26 mars, le candidat à la présidence des Républicains déclarait fermement sur BFMTV que la course annuelle ne pouvait tolérer la présence de signes extérieurs religieux. « Tout ça, ça doit rester au vestiaire », tonnait-il face à Apolline de Malherbe.
Qu'importent les raccourcis sur les fédérations sportives, les délégations de service public ou la laïcité. Le but de Laurent Wauquiez est ailleurs : tenir le rythme, faire du bruit et tenter d'exister face à l'omniprésent rival qu'est Bruno Retailleau. C'est cette même logique qui a amené l'ex-patron de la Région Auvergne-Rhône-Alpes à proposer que la France place ses étrangers dangereux visés par une obligation de quitter le territoire (OQTF) dans un centre de rétention à Saint-Pierre-et-Miquelon.
L'idée serait de lui et de lui seul. Il a mis son proche entourage devant le fait accompli en début de semaine par visio. « On savait qu'une "facho week" était prévue, entre ça et l'invitation du mardi soir chez CNews, grince un rouage du dispositif Wauquiez, mais le fond, on n'était pas au courant. »
À lire également
Les membres du socle gouvernemental s'en indignent, jugent le gadget polémique et irréalisable ? C'est l'effet recherché. Le Rhônalpin veut alimenter les tensions qui fragilisent l'édifice sur lequel s'appuie François Bayrou et dont il pense que la droite ne peut rien tirer de bon pour la prochaine élection présidentielle. Il cogne les macronistes originels, les taxe de mollesse en matière d'islam politique et de sécurité. Derrière, les mouvements du bloc central (en particulier Renaissance et le MoDem) le lui rendent bien. Et sur le terrain, les adhérents LR, mole très hostile à Emmanuel Macron et à tout ce qui s'y rattache depuis 2017, aiment cette mélodie binaire. Même si, de fait, leur camp s'est allié à celui du chef de l'État.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Jules Pecnard