Paris vaut bien un tâtonnement. Lorsqu'il est le fait de Marion Maréchal, le Rassemblement national s'en agace. En particulier Thierry Mariani, candidat « pré-investi » par le mouvement d'extrême droite dans la capitale en vue des municipales de 2026. Depuis trois mois, l'eurodéputé voit circuler des échos de presse affirmant que la nièce de Marine Le Pen lorgne aussi cette course. Vieux routier de la politique, l'ancien élu UMP du Vaucluse en a vu d'autres mais sa patience a des limites. D'où son entrevue franche avec la trentenaire il y a quelques semaines dans les couloirs du Parlement européen.
« J'aime bien Marion mais je commence à être un peu exaspéré de ne pas encore savoir si j'y vais », confie Thierry Mariani à La Tribune Dimanche. Auprès de l'ex-ministre, l'intéressée a maintenu sa position tout en se gardant d'être définitive : « J'y pense, j'y réfléchis. » Elle en a parlé à Sébastien Chenu, député proche de sa tante, lors d'un café en mars. « Pourquoi tu ne vas pas à Lyon ? » lui a soumis le mariniste. Marion Maréchal connaît l'écosystème conservateur de la capitale des Gaules et, après tout, c'est là que trône l'Issep, son institut de formation politique réac aux résultats mitigés.
Et pourtant, celle qui a rejoint Éric Zemmour en fin de campagne présidentielle de 2022 pour finalement le lâcher deux ans plus tard, à l'issue des dernières européennes, se sent désormais parisienne. Elle est domiciliée à Boulogne-Billancourt mais jouxte le 16e arrondissement, où sa liste Reconquête est arrivée troisième le 9 juin 2024. L'œil sur les enquêtes d'opinion, les proches de la présidente d'Identité-Libertés - microparti allié au RN mais déconsidéré par celui-ci - estiment qu'elle garde la cote.