À 73 ans, le chef de La France insoumise traverse un moment difficile. La séquence budgétaire a mis fin à ce qui restait du Nouveau Front populaire. Entre Insoumis et socialistes, le lien semble rompu. Les premiers n'ont pas accepté que les seconds ne censurent pas le gouvernement de François Bayrou sur le budget. Le débat sur l'identité nationale, qu'Olivier Faure ne juge « pas tabou », a éloigné un peu plus encore les deux gauches. « Je me suis lourdement trompé sur un point : les socialistes n'ont jamais eu l'intention d'être des partenaires », estime Jean-Luc Mélenchon dans notre journal.
Celui qui rêvait de destituer Emmanuel Macron admet aussi que la perspective d'une présidentielle anticipée s'éloigne. D'ailleurs, ce n'est plus le chef de l'État qu'il a dans son viseur mais le Premier ministre. Non seulement il demande sa démission, s'appuyant sur l'affaire Notre-Dame de Bétharram, mais il traite aussi François Bayrou d'« opportuniste » ayant « le même but que François Hollande : unir les centres gauche et droit pour se placer au second tour de 2027 ». Face à eux, « il y aura une candidature Insoumise », promet-il. L'ancien député de Marseille a accordé cet entretien vendredi à La Tribune Dimanche dans un café parisien.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Les Insoumis ont saisi la justice pour « non-dénonciation », visant François Bayrou dans l'affaire du pensionnat de Bétharram. Le gouvernement vous accuse d'en faire une « affaire politique ». Que lui répondez-vous ?