Pour la troisième année consécutive, le président de la République Emmanuel Macron ne viendra pas clore le Congrès des maires, qui rassemble jusqu'à 10 000 édiles. À sa place, le Premier ministre Michel Barnier devra rassurer des élus locaux, très inquiets sur leur avenir.
LA TRIBUNE DIMANCHE — De Bordeaux à Besançon, les maires affichent leur colère sur leur façade. Jugez-vous ces méthodes efficaces et légitimes ?
DAVID LISNARD — Je suis pour la liberté d'expression, y compris celle des maires. Quant à l'efficacité de cette démarche, elle dépendra de la réponse de l'État qui, je l'espère, saura être à l'écoute de cette mobilisation.
En tant que maire de Cannes, vous avez annoncé le report de la dernière phase
de réaménagement de la Croisette pour cause de prélèvement de l'État, tel que prévu dans le PLF. Est-ce une petite musique qui pourrait se faire entendre dans d'autres communes ?
Cela risque surtout d'être une grosse symphonie. Les prélèvements annoncés représentent en moyenne plus de 20 % des capacités d'autofinancement des mairies. Le report des travaux est donc motivé par ce contexte national mais aussi par un facteur local, les tarifs des entreprises étant plus élevés que prévus. Il y a dix ans, j'ai pris l'engagement devant les citoyens de baisser la dette chaque année et de faire preuve d'une totale sobriété fiscale. Nous le respectons scrupuleusement. Aujourd'hui, nous avons dans la strate la taxe foncière la plus basse de France avec Boulogne-Billancourt. Notre capacité d'autofinancement a été multipliée par huit malgré un taux de pauvreté de 21 %. On ne peut pas être maître de son destin si on ne tient pas les comptes.
Propos recueillis par Bruno Jeudy, César Armand, Jules Pecnard et Laurence Bottero