Après avoir conquis haut la main la présidence des Républicains, le ministre de l’Intérieur voit sa situation fragilisée par un budget de rigueur et la pénible gestion de son parti.L'échange est des plus laconiques. Mardi soir, après avoir réuni son groupe parlementaire pour éplucher les annonces de François Bayrou concernant le prochain budget, Laurent Wauquiez envoie un SMS à Bruno Retailleau. Le chef des députés Les Républicains l'informe de deux choses. D'une part, ses troupes jugent la copie du Premier ministre encourageante mais améliorable ; d'autre part, il tiendra le lendemain, à l'Assemblé nationale, un point presse auquel son président de parti pourra s'associer s'il le souhaite.
Ce dernier remercie Laurent Wauquiez mais lui écrit qu'il ne sera pas disponible. Le ministre de l'Intérieur doit animer, le même jour avant le déjeuner, sa propre réunion en visio avec l'équipe dirigeante du mouvement. Le Rhônalpin n'est pas membre, donc pas convié.
Depuis, hormis par entourages interposés, les deux hommes n'ont eu aucune discussion. À quoi bon ? Sur les grandes orientations budgétaires qu'ils jugent indispensables à la France, Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau sont au diapason - pour l'instant. Le premier a eu beau marteler un slogan binaire (« 100 % économies, 0 % hausse d'impôts ») le 2 juillet, il a modéré ses exigences.
Gel des dépenses de l'État hors défense et charge de la dette, « année blanche » sur les prestations sociales, postes de fonctionnaires supprimés... Pour l'essentiel, le plan de rigueur de Matignon et ses 43,8 milliards d'euros d'économies collent à la doxa ordolibérale de la droite. Tout juste ses représentants invoquent-ils la nécessité de plafonner l'allocation sociale unique, réduire le coût de l'immigration et ne pas « faire payer deux fois » les retraités, principal segment électoral de LR : ici en ne revalorisant pas leurs pensions, là en mettant fin à leur abattement fiscal.