Ciotti et ses modèles
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Huit mois après la campagne européenne, voilà Éric Ciotti à la tête de son UDR.
LTD/Alexis Jumeau/ABACAPRESS
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Huit mois après la campagne européenne, voilà Éric Ciotti à la tête de son UDR.
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Ce n'est pas le bon interlocuteur. Pas celui qu'il voulait, du moins. Dans les dernières semaines de la campagne européenne de 2024, éprouvante pour Les Républicains comme pour les macronistes, Éric Ciotti est contacté par Stéphane Séjourné. Celui qui est encore patron de LR se moque bien de pouvoir deviser avec son homologue de Renaissance.
En raccrochant, il peste devant ses équipes : « C'est à Macron que j'aimerais parler... » Ceux qui l'entouraient à l'époque restent convaincus que si le chef de l'État l'avait mieux traité, le député des Alpes-Maritimes aurait opté pour une alliance électorale avec le centre, non avec l'extrême droite. « Il en avait marre d'être appelé par les lieutenants, genre Aurore Bergé », relate un ex-fidèle. Ses fréquentes lettres à en-tête calligraphié - « Le Président des Républicains » - adressées à l'Élysée étaient autant de témoignages de son envie d'être pris au sérieux.
Huit mois plus tard, voilà Éric Ciotti à la tête de son UDR, « hyper libre » selon ses proches, mais continuant de faire des appels de phares à plus influent que lui. Marine Le Pen ? Ce n'est pas elle - dont le groupe pèse sept fois plus que le sien à l'Assemblée nationale - qu'il cherche à séduire en brandissant une fausse tronçonneuse. Son « grand forum des libertés », petit raout organisé à la Maison de l'Amérique latine mardi, visait à exalter les recettes de Javier Milei et d'Elon Musk. Le président populiste et libertarien d'Argentine les met en œuvre chez lui ; le patron de Tesla veut inoculer un remède de cheval à l'administration américaine. Des modèles aux yeux du Niçois, qui les cite abondamment sur son compte X. Parfois, ça mord. Lorsque Milei relaie l'un de ses passages sur CNews, Ciotti lui écrit merci, et en espagnol.
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« C'est la carte qu'il joue depuis le début, il est fasciné par les archétypes libéraux, même si ce n'est pas le fruit d'une construction intellectuelle très solide, décrypte un stratège de Marine Le Pen. Éric a de l'authenticité, du courage... mais aussi des limites qui le rendent sympathique. » Au Rassemblement national, la fièvre anti-État de l'ancien LR ne fait pas l'unanimité. Président délégué du groupe RN au Palais-Bourbon et zélateur du « ni droite ni gauche » mariniste, Jean-Philippe Tanguy n'aimerait pas que le flotteur UDR fasse passer son navire amiral pour une bande de rouges. « J'étais chez Dupont-Aignan, donc l'agit-prop, je connais, tempère en privé l'élu de la Somme. Il faut exister, ça n'a rien de déshonorant, mais dégraisser le mammouth, ça fait deux ans que j'en parle... »