LA TRIBUNE DIMANCHE — Voterez-vous la confiance au gouvernement Bayrou le 8 septembre ?
AURÉLIEN PRADIER — Non. Je voterai même contre, car j'estime que le moment est à la clarification. La responsabilité a changé de camp. Aujourd'hui, être patriote, c'est accepter le risque de mettre fin à une situation politique qui ne peut plus durer. Le principal mérite, et peut-être même le courage, que comporte la décision de François Bayrou est de permettre de nous extraire d'une asphyxie politique dans laquelle notre pays étouffe petit à petit.
Nous sommes face à un moment de vérité politique. Grave, risqué mais potentiellement prometteur. La faillite n'est pas à venir, elle est déjà là. Pour en sortir, il faut fermer ce chapitre, pas le faire survivre. En son temps, Victor Hugo écrivait : « La France ne doit pas même adhérer à ce gouvernement par le consentement de la léthargie ; à de certaines heures [...], dormir, c'est mourir. » Nous sommes dans ces heures.
Jugez-vous que votre ancien parti, LR, dont la direction appelle à voter la confiance, se trompe ?
Lorsque j'ai repris l'an dernier ma liberté en devenant un député indépendant, je pressentais que la droite risquait de devenir la caution d'une politique qui n'est pas la sienne. Cette crainte s'est confirmée. Le choix de la direction des Républicains de voter la confiance à François Bayrou est une erreur. Et c'est même une faute pour des gaullistes d'être ligotés par une répartition des postes gouvernementaux. Les ministres LR font du bon travail au sein du gouvernement. Mais petit à petit, cela pousse à se soumettre à des ruses, à un commerce politique pour finir par n'être que les béquilles d'une fin d'époque.
Propos recueillis par Ludovic Vigogne