OPINION. « Pour sortir du vertige national : enraciner la République dans la fraternité », par le collectif du Printemps des Maires
Face au vertige démocratique national, le collectif du Printemps des Maires plaide pour une refondation par le bas. Pour ces élus, c’est dans les communes que la République retrouve souffle et sens, à condition d’enraciner l’action publique dans la fraternité.
Le collectif du Printemps des Maires
Florian Bercault, maire de Laval, engagé au sein du Printemps des maires.
LTD/Jean-Michel DELAGE/Hans Lucas via AFP
Face au vertige démocratique national, le collectif du Printemps des maires plaide pour une refondation par le bas. Pour ces élus, c'est dans les communes que la République retrouve souffle et sens, à condition d'enraciner l'action publique dans la fraternité.
La France traverse un vertige démocratique. Cinq gouvernements en trois ans, pas de majorité claire au Parlement, une impression de paralysie institutionnelle. Dans ce chaos, un seul camp prétend offrir un projet politique : le Rassemblement national. Nous savons qu'il n'est pas le nôtre.
Au cœur de ce désarroi, un roc demeure pourtant : nos communes. C'est là que la République vit au quotidien, par l'école, les solidarités, les services publics de proximité. C'est là que s'inventent, chaque jour, des solutions concrètes aux fractures sociales, territoriales, écologiques. Les maires savent construire du consensus, dialoguer avec les entreprises, les associations, les habitants. Ils incarnent une République pragmatique, proche et créative. Quand l'État vacille, la République locale tient.
De cette base doit partir une nouvelle méthode. Pas de sortie de crise sans une gouvernance partagée, enracinée dans les territoires et donnant toute sa place à la société civile. Il faut valoriser les forces du « faire », pas seulement celles du droit ou de l'argent.
Mais une méthode ne suffit pas. La France a besoin d'un nouveau récit national. Nous avons été la France des Lumières, des droits de l'Homme, des services publics et du modèle social de 1945. Nous devons devenir la France de la fraternité : celle qui réinvente le lien, redonne sens au travail, à l'engagement, au respect de chacun. La fraternité, parent pauvre de nos politiques publiques, doit devenir la clé de voûte de notre avenir.
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Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.
C'est le sens du rapport Fraternité nationale publié en novembre dernier à la Fondation Jean Jaurès, dont nous reprenons quatre axes pour muscler ce pilier républicain :
L'éducation, avec une « école du nous » qui forme à l'empathie, à la coopération, à la mixité.
Les lieux, pour transformer écoles, places et équipements publics en espaces de rencontre et de lien.
Les rites, en instituant des moments réguliers de rassemblement et de partage.
L'activation de tous, pour passer d'un État-providence seul en charge à une société de l'engagement, de la dignité et du respect réciproque sans rien renier à l'idéal protecteur de l'Etat-providence.
Un chemin crédible et éthique de reconstruction démocratique et sociale.
Notre priorité est claire : installer la fraternité comme cap national. Pour cela, nous affirmons trois urgences :
1. Renforcer le bloc communal comme pilier de stabilité démocratique, en soutenant les élus locaux reconnus pour leur capacité à agir et les futurs candidats aux municipales.
2. Offrir une méthode de sortie de crise nationale, en co-construisant avec un gouvernement qui partage ces valeurs un chemin crédible et éthique de reconstruction démocratique et sociale.
3. Donner à la fraternité une traduction politique concrète, pour qu'elle devienne l'inspiration de nos politiques éducatives, sociales, culturelles et budgétaires et qu'elle soit porteuse de l'aspiration légitime à une vie meilleure.
Comme en 1945 avec le CNR, c'est d'un moment de fragilité et de chaos que peut naître une refondation historique. Le Printemps des Maires portera cette ambition : consolider le bloc communal, accompagner un gouvernement qui partage nos valeurs, et installer la fraternité comme horizon national. Parce que la République ne retrouvera son souffle qu'en s'enracinant à nouveau dans ce qui fait sa force : ses territoires et son peuple, unis par un récit et des actions communes.