OPINION. « PLM, l’absurdité d’une réforme », par Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, questionne la légitimité de la réforme de la « loi PLM » alors que les élections municipales se rapprochent à grand pas. Initiative démocratique éclairée ou perte de temps ? Le débat est lancé.
Par Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
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Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, s'insurge contre le projet de réforme de la loi PLM, qui doit être présentée à l'Assemblée lundi 7 avril 2025.
Réviser le mode de scrutin en vigueur depuis quarante ans à Paris, Lyon et Marseille, pour quoi faire ? À moins d'un an des élections municipales, la question se pose sérieusement.
Surtout quand on a de la mémoire et que l'on se souvient des noms des maires élus en vertu de cette fameuse « loi PLM » : Bertrand Delanoë, Jacques Chirac, Gérard Collomb, Grégory Doucet, Jean-Claude Gaudin et Michèle Rubirola. Ils n'ont jamais été remis en question quant à leur légitimité démocratique, une fois élus maires de leur ville.
Ce texte est une absurdité politique, technique et financière.
Pourtant, les défenseurs de la réforme ne manquent pas de slogans pour défendre leur idée : simplification du scrutin, clarification de l'élection et le mantra « un citoyen, une voix » érigé en principe. Et après tout, pourquoi pas ? Tout le monde est favorable à ces idées consensuelles, éclairées, démocratiques.
Idée révolutionnaire ou utopie ?
Mais, comme souvent, le diable se cache dans les détails. Ou, en l'occurrence, dans le texte de loi qui sera lundi présenté aux parlementaires en séance. Et là, le château de cartes s'effondre littéralement : ce texte est une absurdité politique, technique et financière.
Comment peut-on imaginer simplifier le scrutin quand on va imposer deux urnes, deux élections, voire trois à Lyon, le même jour au lieu d'une seule actuellement ?
Comment peut-on imaginer clarifier l'élection quand personne ne sait ce que seront vraiment le rôle, les moyens et les compétences des mairies d'arrondissement ? Comment peut-on imaginer porter l'idée « un électeur, une voix » tout en installant une prime majoritaire qui crée de facto un vote plus important pour celui qui élit le vainqueur ? Comment peut-on parler d'équité républicaine entre toutes les communes quand on maintient une inégalité entre Paris et Lyon, qui ont une mairie par arrondissement, et Marseille, qui a une mairie pour deux arrondissements ?
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