OPINION. « L’armement de la police municipale est une nécessité », par Nadège Azzaz, maire de Châtillon et douze maires socialistes
Nadège Azzaz, maire de Châtillon et douze maires socialistes
Nadège Azzaz, maire de Châtillon, et 13 autres maires socialistes insistent sur la « nécessité » de la vidéoprotection et de l'armement de la police municipale en invoquant « la réalité du terrain ».
La cheffe de file des députés LFI Mathilde Panot a affirmé dimanche 6 juillet l’intention de son parti de désarmer les policiers municipaux et de mettre fin à la vidéosurveillance. En réponse, 13 maires socialistes insistent sur la « nécessité » de cet armement en invoquant « la réalité du terrain ».
Depuis les années 1980, la sécurité et la tranquillité publiques sont revenues au cœur des priorités municipales. Ce retour marque un changement de cap après plusieurs décennies dominées par un fort mouvement d'étatisation des polices municipales et la création, en 1966, de la Police nationale républicaine telle que nous la connaissons.
Aujourd'hui, cette dualité entre forces nationales et polices municipales forme ce que l'on appelle le continuum de sécurité : une articulation devenue aussi complémentaire qu'indispensable. À chacune son rôle. Aux polices municipales, la proximité, la prévention, la tranquillité du quotidien. À la Police nationale, l'investigation et le maintien de l'ordre. Ce partage des responsabilités permet des réponses plus rapides, plus adaptées, plus efficaces.
En tant que maires, nous connaissons l'importance que nos concitoyens accordent à leur police municipale. Et en tant qu'élus de gauche, nous savons l'attachement de notre famille politique à cette conviction forte : la sécurité doit rimer avec proximité. Le lien entre la population et ses forces de sécurité est une condition essentielle pour construire une puissance publique protectrice, en particulier pour les plus vulnérables.
Mais cette présence de terrain ne doit pas se faire au prix d'une mise en danger inconsidérée. Depuis les attentats de 2015, les risques ont évolué, se sont durcis. Nos policiers municipaux sont souvent les premiers à intervenir, sans connaître la nature exacte du danger qui se présente. L'armement devient alors une nécessité.
« La réalité du terrain ne porte pas d'étiquette politique »
Le meurtre de la jeune policière municipale Clarissa Jean-Philippe par un terroriste islamiste à Montrouge alors qu'elle sécurisait un simple accrochage automobile en est une tragique illustration. Il en va de notre devoir d'élus de protéger ceux qui nous protègent. Cela passe par l'armement, le port systématique du gilet pare-balles, et des moyens adaptés aux risques du terrain.
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La vidéoprotection fait aussi partie de cette panoplie moderne. Elle est un outil de prévention, de protection et d'élucidation. Elle sécurise les interventions, aide à résoudre les délits, et fonctionne sous le strict contrôle de la Loi. Il faut sans doute n'avoir jamais exercé de mandat local pour en douter.
Le déploiement de policiers municipaux et de la vidéoprotection représente un coût significatif pour les communes et nous appelons l'État à mieux nous accompagner dans leur déploiement.
Sur ces sujets, le dogmatisme n'a pas sa place. La réalité du terrain ne porte pas d'étiquette politique. Elle s'impose à tous, à gauche comme à droite. Ce sont nos administrés, leurs attentes, leurs besoins qui doivent guider nos choix.
Le déploiement de policiers municipaux et de la vidéoprotection représente un coût significatif pour les communes et nous appelons l'État à mieux nous accompagner dans leur déploiement. Mais nous les assumons, car ils répondent à une attente forte, légitime, croissante.
On peut choisir de rester dans le confort des postures idéologiques. Ou on peut, comme nous, choisir la réalité, la responsabilité, l'action. En soutenant nos policiers municipaux, nous ne faisons pas que protéger nos villes : nous sauvons des vies.