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OPINION. « Ensauvagement de la société : réveillons-nous avant de perdre la bataille », par Arnaud Robinet, maire de Reims

Arnaud Robinet

Publié le 17 mai 2025 à 14:00

Arnaurd Robinet, maire de Reims et président du Grand Reims, estime que « les maires ont besoin d'aide pour assurer la sécurité de la population ».

Arnaurd Robinet, maire de Reims et président du Grand Reims, estime que « les maires ont besoin d'aide pour assurer la sécurité de la population ».

LTD/Aurore Maréchal/ABACAPRESS

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N145 ● 12 juillet 2026

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Face à une insécurité croissante, que le maire de Reims qualifie d’« ensauvagement de la société », Arnaud Robinet plaide pour un sursaut national et en appelle à l’État afin de redonner aux maires les moyens d’agir concrètement sur le terrain.

Depuis plusieurs années, la question de l'insécurité dans nos communes ne cesse de prendre de l'ampleur et d'évoluer. Les faits de violence sont de plus en plus répandus, de plus en plus barbares, et ce à toutes les échelles. L'État peine à inverser cette tendance alarmante et les moyens actuellement déployés sont insuffisants pour endiguer le problème.

Le président de la République, dans sa grande interview du 13 mai dernier sur TF1, n'a pu que partager le constat de terrain dressé par le maire de Béziers, Robert Ménard, au sujet de l'insécurité. Avouant même qu'un droit « mal fait » amenait à des situations ubuesques dans notre pays au sujet des individus sous Obligation de quitter le territoire (OQTF). Des situations regrettables auxquelles les maires sont fréquemment confrontés.

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Le récent constat du Garde des Sceaux, Gérald Darmanin, est également on ne peut plus clair : « Il n'y a plus de lieux safe » en France. Quartiers, centres-villes, périphéries urbaines, villages, lieux de culte, écoles, transports en commun, terrains de sport, une violence exacerbée et totalement décomplexée touche l'ensemble de notre pays et de ses espaces. Président du Grand Reims, je constate amèrement, jour après jour, que la ruralité n'est plus épargnée par la prolifération de cette brutalité.

Points de deal, rodéos urbains, occupations illicites de gens du voyage, émeutes, regroupement de personnes alcoolisées sur la voie publique, affrontements entre bandes rivales, règlement de compte dans des établissements scolaires, l'insécurité est désormais un phénomène multiforme. L'usage d'armes blanches et même d'armes à feux semble désormais entièrement banalisé par des agresseurs toujours plus bestiaux.

Face à cet ensauvagement, il est plus qu'urgent d'interroger les causes profondes et de repenser les réponses à apporter à ce défi majeur pour la société française. Nous ne pouvons plus attendre, au risque de perdre la bataille !

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Venir en aide aux maires sur le terrain

Comme d'autres grandes villes du pays, Reims n'a récemment pas été épargnée par ces violences infectes. Blessés par balles, attaques au couteau, intrusions dans des établissements scolaires, passage à tabac en bande, envahissement de parcs et d'entreprises par des gens du voyage, tirs de mortier sur les forces de l'ordre, les habitants sont profondément choqués, certains apeurés.

Les politiques publiques successives, bien qu'ayant essayé de juguler le phénomène par des mesures sécuritaires et de réinsertion, n'ont pas été à la hauteur des enjeux. La responsabilité est ancienne et collective.

À Reims, où plus d'un milliard d'euros ont été investis ces dernières années par l'Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine dans les quartiers dits « politique de la ville », nous mesurons que le problème n'est en rien lié aux logements, aux infrastructures, aux équipements, aux commerces et aux services de proximité disponibles sur place.

Les politiques publiques successives, bien qu'ayant essayé de juguler le phénomène par des mesures sécuritaires et de réinsertion, n'ont pas été à la hauteur des enjeux. La responsabilité est ancienne et collective.

Il est uniquement lié à une politique de peuplement non maîtrisée. Dans nombre de nos quartiers, particulièrement impactés, moins de 5% de la population pourrit littéralement la vie de tous les autres. D'honnêtes citoyens obligés de vivre au quotidien avec la peur instaurée par une ultra minorité violente. C'est intolérable mais cela nous est pourtant imposé. Il est encore trop difficile réglementairement d'expulser ces délinquants de leur logement. Les maires doivent gérer les urgences mais n'ont pas la main pour agir sur le fond.

Bien entendu, des marges de manœuvres existent à l'échelle municipale, comme la vidéosurveillance, mais elles sont limitées et plutôt destinées à épauler les forces de l'ordre dans leurs missions quotidiennes. À Reims, depuis 2014, nous sommes passés de 59 à 131 policiers municipaux armés et de 36 à 369 caméras. Cela vient en aide à la Police nationale ou à la Gendarmerie mais ce n'est pas suffisant.

Face à ces violences répétées, les élus locaux se trouvent entre le marteau et l'enclume. En première ligne mais ne disposant pas des compétences pour agir. Les maires, continuellement et légitimement sollicités par leurs concitoyens, se sentent complétement démunis.

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Les forces de l'ordre sont malheureusement dans la même situation. Des conditions d'exercice de leurs fonctions de plus en plus intenables et dangereuses sur le terrain, pour des effets de moins en moins prégnants en matière de maintien de la tranquillité publique.

La population, quant à elle, est plongée dans l'incompréhension la plus totale. Pourquoi personne ne leur vient en aide ? Pourquoi ces violences visibles aux yeux de tous ne sont pas éradiquées avec la plus grande fermeté ? Pourquoi les laisse-t-on seuls avec leurs problèmes ? Les sentiments d'abandon et d'injustice sont puissants.

Ce sont justement ces sentiments qui poussent de plus en plus de nos concitoyens dans les bras des extrêmes. Dans les filets de ces partis populistes, jamais inquiétés par le poids des responsabilités, qui se permettent de promettre tout et n'importe quoi. Notamment au niveau municipal, se souciant peu de la réalité des compétences d'un maire, ils feront miroiter la lune pour arracher des sièges.

Ce sont justement ces sentiments qui poussent de plus en plus de nos concitoyens dans les bras des extrêmes. Dans les filets de ces partis populistes, jamais inquiétés par le poids des responsabilités, qui se permettent de promettre tout et n'importe quoi.

Les maires ont besoin d'aide pour assurer la sécurité de la population. Seul l'État, pleinement compétent en la matière, doit apporter une solution durable.

Dans ce cadre, nous attendons des résultats concrets du nouvel « état-major interministériel de lutte contre la criminalité organisée », récemment inauguré par le Président, pour démanteler la dynamique du trafic de drogue qui gangrène nos territoires.

Besoin impératif d'ordre et de justice

L'ordre et la justice sont les meilleures garanties de la liberté et de la prospérité de notre pays. L'autorité publique doit être fermement restaurée partout où elle est contestée. État démocratique et État de droit ne doivent jamais rimer avec laxisme, au risque de courir à leur perte ! Notre République, si elle veut être la plus juste possible avec ses citoyens, doit justement montrer plus de fermeté envers ceux qui dégradent ou menacent la vie d'autrui.

Une justice qui sanctionne plus durement, mais aussi plus rapidement les criminels et les délinquants est nécessaire pour ne pas perdre la confiance des Françaises et des Français. Une confiance déjà lourdement entachée. Et c'est maintenant que nous devons intervenir pour ne pas sombrer. Rétablir pleinement l'ordre et la justice est un impératif. Nos compatriotes doivent sentir que la justice n'est pas forte avec les faibles et faible avec les forts mais bien implacable pour sanctionner les criminels et protéger efficacement les honnêtes citoyens.

En ce sens, les possibilités de louer des places de prisons dans d'autres pays et de faire participer les détenus aux frais de leur incarcération ont été avancées par le président de la République sur TF1. Allons-y, il faut se saisir de tout ce qui peut nous permettre d'écarter les individus dangereux de la société.

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Les autres pistes ne manquent pas pour se doter des armes indispensables pour remporter la bataille contre l'ensauvagement de notre société : rétablissement des peines planchers, plafond d'immigration légale, outil de reconnaissance faciale, retour d'un service militaire partiel ou total, limitation drastique des réductions de peine, accès aux messageries cryptées dans le cadre d'une enquête, accentuation des reconduites aux frontières, renforcement des procédures d'évacuation des installations illicites, usage du « contact tactique » contre les rodéos urbains, durcissement des conditions d'octroi des titres de séjour, suppression des allocations familiales pour les familles de délinquants, processus simplifié d'expulsion des logements sociaux ou encore renforcement des compétences judiciaires des policiers municipaux. Toutes ces évolutions ne sont peut-être pas à retenir mais nous devons clairement envisager toutes les solutions pour faire bouger les lignes.

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La balle est dans le camp de l'État qui exerce cette compétence régalienne pour répondre à l'appel au secours de nombreux maires de France. Nous sommes prêts à participer aux débats pour trouver des solutions concrètes le plus rapidement possible.

Arnaud Robinet

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