Frédéric Salat-Baroux, avocat, ancien secrétaire général de l’Élysée : « Partout en Occident, les classes moyennes entrent en martyre »
ENTRETIEN — Frédéric Salat-Baroux a joué un rôle essentiel pendant le second mandat de Jacques Chirac, entre 2002 et 2007. L'avocat plaide pour une hyper-décentralisation de la décision politique et pour un couple exécutif qui revienne aux fondements de la Ve République.
Propos recueillis par Léna Ménager
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Frédéric Salat-Baroux, à Paris, le 4 février 2025.
Ancien secrétaire général de l'Élysée sous la présidence de Jacques Chirac et aujourd'hui avocat, Frédéric Salat-Baroux vient de publier Révolution par les territoires (Éditions de l'Observatoire). Un manifeste cosigné avec Éric Hazan dans lequel il plaide pour un nouvel équilibre institutionnel, démocratique et social fondé sur une hyper-décentralisation de la décision politique. Mais aussi pour un couple exécutif qui revienne aux fondements de la Ve République.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Après la crise politique que nous avons traversée, nos institutions ne sont-elles pas à bout de souffle ?
FRÉDÉRIC SALAT-BAROUX — La crise est effectivement profonde en raison d'une excessive concentration du pouvoir et d'une thrombose de la prise de décision. Mais nos institutions ne sont pas à bout de souffle. La Ve République est même un des atouts fondamentaux à partir desquels nous pouvons reconstruire. Du reste, la crise ouverte par la dissolution, comme souvent dans l'histoire de France, montre la voie aux solutions.
La dissolution a conduit à sortir de la symbiose et de la subordination absolue entre le président de la République et le gouvernement. On le voit, les affaires internationales dictent notre quotidien et il est plus que jamais nécessaire de préparer l'avenir. On le voit avec la révolution de l'IA. C'est le rôle du président que de traiter de ces questions essentielles.
La domination de l'économisme a conduit à la désindustrialisation et à la montée des inégalités.