Une rupture violente. Entre les États-Unis, son allié traditionnel, et l'UE, le fossé ne cesse de se creuser depuis le 20 janvier. Pour se transformer en un gigantesque cratère depuis le 2 avril. Un symbole parmi d'autres : l'Allemagne envisagerait de retirer 1 200 tonnes de ses réserves d'or - les deuxièmes du monde après celles des États-Unis - des coffres de la Federal Reserve de Manhattan. La raison ? Le pays ne serait plus « un partenaire fiable », selon un parlementaire conservateur, Marco Wanderwitz.
Après des droits de douane de 25 % imposés par Donald Trump sur l'acier et l'aluminium européen, entrés en vigueur le 12 mars, les exportations des produits de l'UE se voient frappées d'une taxe douanière spécifique de 20 %, en sus de celle, universelle, de 10 %. La première entrera en application le 9 avril, la seconde est en vigueur depuis samedi. Pour la troisième économie mondiale (l'UE représentait en 2023 17,5 % du PIB global, contre 25,7 % pour les États-Unis), et surtout numéro un planétaire de l'exportation de biens manufacturés et de services, le séisme est majeur.
Car les États-Unis sont le premier partenaire commercial du bloc, avec des exportations de 822,5 milliards d'euros en 2023, pour 774,5 milliards d'euros d'importations. Si la Commission européenne avait annoncé dès le 20 mars des mesures en riposte aux nouvelles taxes sur l'acier et de l'aluminium, sa réaction aux tarifs révélés le 2 avril se limite pour l'instant a un constat : « Les Européens sont prêts à répondre et travaillent à un nouveau paquet de contre--mesures » en cas d'échec des discussions, a déclaré jeudi la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.