Donald Trump tient enfin son sommet avec Vladimir Poutine. Six ans après leur dernière rencontre en juin 2019, en marge d'un sommet du G20 au Japon, les présidents américain et russe se retrouveront le 15 août en Alaska, pour convenir des modalités d'une cessation des hostilités en Ukraine. Le lieu et la date n'ont rien d'anodin : l'Alaska appartint jusqu'en 1867 à l'Empire de Russie, tandis que le 15 août correspond au 80e anniversaire de la reddition du Japon.
Après avoir haussé le ton face à Moscou et brandi la menace de sanctions commerciales additionnelles, Donald Trump savoure la portée de la concession faite par son homologue russe, avant même l'aboutissement de pourparlers ardus, par ailleurs en l'absence du président ukrainien, Volodymyr Zelensky.
Mais l'essentiel pour le locataire de la Maison-Blanche est ailleurs. Avant même le sommet en Alaska, Israël, le Pakistan et le Cambodge promeuvent sa candidature au prix Nobel de la paix. Pour Phnom Penh, cette annonce suivait l'imposition le 28 juillet d'un cessez-le-feu sous médiation américaine avec la Thaïlande. L'Arménie ou l'Azerbaïdjan suivront-ils ? Les deux rivaux du Caucase du Sud ont signé le 8 août à la Maison-Blanche un accord de paix, assorti d'un accès économique spécial pour les États-Unis à un couloir routier arménien pompeusement baptisé « Tripp » - la « voie Trump pour la paix et la prospérité internationales ».
La flatterie fonctionne toujours avec Donald Trump, frustré de n'être point reconnu comme un « faiseur de paix » exceptionnel. Le 2 août, la chaîne Newsmax diffusait une interview avec le président américain, dans laquelle celui-ci se targuait d'avoir « résolu pas mal de jolies guerres ».
Maurin Picard, correspondant à New York