Pologne : le faux quitte ou double de Donald Tusk
Kilian Bigogne, correspondant à Varsovie
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Le Premier ministre polonais, Donald Tusk.
LTD/Pawel Supernak/EP/MAXPPP
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Le Premier ministre polonais, Donald Tusk.
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Donald Tusk aura connu des semaines plus sereines. Après la défaite de son poulain, le maire de Varsovie Rafal Trzaskowski, à la présidentielle il y a huit jours, voilà le Premier ministre polonais contraint d'affronter le 11 juin un vote de confiance devant la Chambre basse du Parlement, la Sejm. Certes, le leader libéral ne devrait pas beaucoup trembler puisque c'est lui qui a demandé à la Diète, où sa coalition dispose de la majorité, de se prononcer. Un échec est donc peu probable. Ce faisant, le chef du gouvernement espère reprendre un peu la main et un peu de forces pour poursuivre sa politique jusqu'aux législatives, en 2027.
Malgré tout, cette opération de relégitimation n'est pas sans risques. C'est en tout cas ce qu'estime le politologue Robert Alberski : « La victoire à la présidentielle de Karol Nawrocki [ultraconservateur soutenu par Droit et Justice, principal parti d'opposition] a déclenché une grave crise au sein de l'exécutif. Tout dépend désormais du choix que feront les partis qui composent la coalition. »
La claque du 1er juin a effectivement libéré la parole chez certains alliés de Donald Tusk. Affirmant que ce vote de confiance était « un geste théâtral », le président de la Diète a ainsi appelé à « une reconstruction du gouvernement et un renouveau de la coalition » sans attendre. Des députés de la Coalition civique ont aussi reproché à l'ancien président du Conseil européen son manque de communication et ce côté loin du peuple qui caractériserait son mandat.
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Tusk n'aurait pas davantage songé, disent ses détracteurs, à un « bougé » de sa politique alors que les sondages montraient un mécontentement croissant des électeurs. Comme pour leur donner raison, le Premier ministre l'a encore dit cette semaine : « Cela ne change rien à ma détermination d'agir pour tout ce en quoi nous croyons. »
Kilian Bigogne, correspondant à Varsovie