Sahara occidental, OQTF non exécutées, détentions contestées... Alors que les mésententes s’accumulent, le président Emmanuel Macron enjoint son Premier ministre à « plus de fermeté ». De son côté, Alger riposte.La tension dans les relations diplomatiques entre l'Algérie et la France est montée d'un cran en fin de semaine. Dans une lettre adressée mercredi à son Premier ministre François Bayrou, Emmanuel Macron demandait plus de « fermeté » avec Alger, qui ne coopérait plus sur le dossier de renvoi de ressortissants sous OQTF. Le gouvernement algérien a répliqué rapidement en appliquant un principe de « réciprocité ».
Vingt-quatre heures après la diffusion de la lettre du président Emmanuel Macron dans Le Figaro, le gouvernement algérien publiait deux communiqués dans l'après-midi de jeudi. Dans le premier, qui se veut une réponse méthodique aux reproches du chef de l'État français, on lit entre autres que la France veut s'exonérer de sa responsabilité dans la crise que vivent les deux pays.
Le document du ministère algérien des Affaires étrangères fait référence à ce qui est considéré comme le déclencheur du refroidissement des relations entre les deux pays, fin juillet 2024 : une lettre adressée par Emmanuel Macron au roi du Maroc, reconnaissant officiellement « la souveraineté marocaine » sur le Sahara occidental.
Mais le gouvernement algérien a fait l'impasse sur les autres dossiers qui empoisonnent la relation entre les deux pays. Au refus de libérer l'écrivain Boualem Sansal et le journaliste Christophe Gleizes s'est ajouté celui de récupérer ses ressortissants indésirables en France. Dernier en date, Boualem Bensaïd, le cerveau de l'attentat du RER Saint-Michel en 1995, qui devait être libéré le 1er août, à condition d'être expulsé vers son pays d'origine. Refus d'Alger, colère de Paris.
Rania Aghiles, correspondante à Alger