En Ukraine, le numérique pour faire face à la guerre
Bogdan Bodnar
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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky au premier sommet Diia, le 19 décembre 2023.
LTD/IMAGO/PRESIDENT OF UKRAINE/APA/Reuters
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Le président ukrainien Volodymyr Zelensky au premier sommet Diia, le 19 décembre 2023.
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L'Ukraine a fait le choix de numériser sa société et de miser sur son industrie technologique pour maintenir son économie à flot. Une stratégie vitale pour continuer à faire tourner la machine malgré le gouffre de la guerre et prouver au monde que le pays n'est pas près de sombrer. Le numérique s'est imposé comme un outil de survie. La vie en temps de guerre passe par une application : Diia, « action » en français. Pensée pour centraliser l'ensemble des documents administratifs ukrainiens, elle s'est enrichie de centaines de fonctionnalités supplémentaires.
En 2024, Time Magazine l'a classée parmi les « meilleures inventions de l'année ». « Après l'invasion, presque du jour au lendemain, nous avons intégré une fonction d'alerte directement dans l'application, explique Valerya Ionan, conseillère au ministère du Numérique, puis nous avons continué à l'adapter aux besoins, en ajoutant notamment une carte indiquant la localisation des abris. Aujourd'hui, les citoyens peuvent signaler la position de troupes russes grâce à une messagerie que nous avons baptisée eEnemy. »
L'application a entraîné une véritable « ubérisation » de l'administration, longtemps engluée dans des habitudes soviétiques. Reflet d'une guerre moderne, elle intègre des fonctionnalités improbables : les soldats peuvent se marier depuis le front, avec la présence virtuelle de leur conjoint et d'un officier d'état civil.
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Plus de 8.000 unions ont été célébrées à l'aide de cette fonctionnalité. Par ailleurs, les entreprises qui s'enregistrent sur Diia, y compris étrangères, peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt. Une démarche qui permet à l'État de mieux suivre son activité tech, tout en stimulant la création d'entreprises.
Bogdan Bodnar