« La communauté internationale doit prendre ce plan très au sérieux », alerte l'avocat Michael Sfard, spécialiste israélien des droits humains, inquiet de l'annonce du gouvernement de l'État hébreu. Lundi 7 juillet, le ministre la Défense, Israël Katz, a déclaré que le pays prévoyait d'envoyer 600. 000 Gazaouis dans une « ville humanitaire » qui serait bâtie sur les décombres de Rafah. Ce qui restait de la ville bombardée, qui jouxte la frontière égyptienne à l'extrémité sud de l'enclave palestinienne, a été rasé par les bulldozers israéliens.
Israël Katz a présenté ce plan quelques heures avant l'arrivée de Benyamin Netanyahou à Washington. Le Premier ministre était parti rencontrer le président Trump après la guerre entre Israël et l'Iran, au cours de laquelle Tel-Aviv et Washington ont mené des frappes conjointes contre Téhéran. Cette troisième visite en six mois intervenait aussi au moment où démarrait un nouveau cycle de négociations pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu de soixante jours dans la bande de Gaza.
Avant de quitter la capitale américaine, Benyamin Netanyahou a affirmé qu'un accord serait conclu dans « quelques jours » mais, le 12 juillet, les tractations semblaient au bord de l'échec. Elles achoppent sur les deux questions majeures : le mécanisme de distribution de l'aide et l'ampleur du retrait israélien de la bande de Gaza. Le Hamas réclame toujours le départ total des soldats israéliens, alors que Tel-Aviv exige de garder des zones tampons allant jusqu'à 3 kilomètres de profondeur tout autour de la bande de Gaza, privant ainsi les habitants d'un tiers de leurs terres. Selon l'ONU, 86 % du territoire de l'enclave se trouve déjà dans des zones militarisées par l'armée israélienne ou a été sujet à des ordres d'évacuation.