Ludovico Einaudi : « C’est magique de voir une foule immense recueillie autour d’un piano »
ENTRETIEN EXCLUSIF — Quelque part entre Sofiane Pamart et Erik Satie, Ludovico Einaudi remplit les salles autant que sa musique séduit les cinéastes. Rencontre à Milan.
Propos recueillis par Alexis Campion
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« La Tribune Dimanche » a rencontré Ludovico Einaudi à Milan.
Sa musique distille quelque chose d'énigmatique et de rassérénant qui fascine... et, qui sait, guérit ? Tour à tour foisonnante et dépouillée, consolante et vivifiante, elle rappelle à quel point nos rêveries les plus enfouies nous aident à vivre et à tenir debout dans l'incertitude.
Depuis 2003, de Londres à Shanghai en passant par New York, Ludovico Einaudi est un phénomène qui remplit des salles de concert toujours plus grandes avec des musiciens fidèles (Redi Hasa au violoncelle, Federico Mecozzi au violon...) et un univers purement instrumental, ni classique, ni pop, ni électro... Inclassable, tant il apparaît équilibriste et singulier, décrit trop souvent à son goût comme « mélancolique » ou « minimaliste », mais ouvert aux silences comme à la transe, quelque part entre Arvo Pärt, Brian Eno, Erik Satie et Steve Reich.
Au gré d'émotions qui varient sans crier gare, ses fugues mélodiques ont notamment marqué le cinéma avec de grandes BO : Intouchables, Aprile, This Is England, The Father, Nomadland... Elles se renouvellent aujourd'hui au détour de son 17e album studio, The Summer Portraits, dévoilé sur scène en décembre au Teatro Dal Verme de Milan et inspiré de tableaux.
Ludovico Einaudi était en concert au Teatro Dal Verme, à Milan, en décembre. L’endroit fait partie de sa légende familiale. (Crédits : LTD/lorenza daverio ; McCartney)