Comment devient-on pop star ? Évidence, il faut savoir chanter. Avoir du charisme, ensuite, est obligé. Enfin, travailler sans cesse, sa voix, son geste, ses textes. Ne jamais laisser reposer le succès, foncer, se forcer, angoisser. Charlotte Cardin voulait être médecin. Aurait-ce été plus facile ? Peut-être. À Montréal, où elle est née en 1994, sa route semble tracée; ses parents, Sylvie et Charles, sont tous deux scientifiques, docteurs en épidémiologie et en biotechnologie. Charlotte, douée à l'école, a peu de questions à se poser. Soigner, cela lui irait. Mais Britney Spears vient tout changer. C'est la grande sœur, Camille Cardin-Goyer, de cinq ans plus âgée, qui est à blâmer.
Le légendaire Baby One More Time passe en boucle dans le walkman de l'aînée, le visage de la jeune Américaine est partout sur les murs de sa chambre. La benjamine est subjuguée. Les deux sœurs complices, déjà bilingues, connaissent par cœur les paroles de celle dont les ritournelles et les clips dominent l'industrie musicale de l'an 2000. Elles étudient le solfège, le chant et vénèrent, bien entendu, le trésor national du Québec, l'inégalable Céline (Dion, pour les ignares).
L'enfance se passe en musique donc, la mère joue au piano les morceaux d'Elton John et de Bernie Taupin, le père est « une bible du rock'n'roll », dixit Charlotte, aux faux airs de Keith Richards. Les vacances sont des road-trips en mini-van, où les Stones succèdent à Sheryl Crow. « Petite, je rêvais de ce métier, la chanson, confirme Charlotte Cardin, dont le timbre impressionne alors son entourage. Sans connaître autour de moi des musiciens professionnels, des exemples à suivre. »