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La chronique de François Simon. Le Petit Bal Perdu, fraîcheur de vivre

François Simon

Publié le 21 septembre 2025 à 09:00

Cette semaine, François Simon a testé Le Petit Bal Perdu, à Paris.

Cette semaine, François Simon a testé Le Petit Bal Perdu, à Paris.

DR

La Tribune Dimanche

N146 ● 19 juillet 2026

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Sous les arbres de la rue Tournefort, Le Petit Bal Perdu joue la carte de l’insouciance. Terrasse enjouée, cuisine bistrotière et clientèle complice : une adresse où l’on retrouve la fraîcheur de vivre.

À la limite, ce restaurant aurait pu être inventé par l'intelligence artificielle. Tout y est. Un divin quartier à Paris (le 5e arrondissement), une placette délicieuse (Lucien-Herr, du nom d'un intellectuel et bibliothécaire français), la rue Tournefort (du nom du célèbre botaniste), la proximité des écoles « supérieures » et leurs fronts hauts, des albizias en fleur, une lente et ravissante terrasse dessinée en boomerang, la quiétude du soir, le bavardage du lierre ; les parasols rayés de rouge et de blanc.

Sur la bande-son défilent des chansons au swing bienveillant (Henri Salvador ; La Bohème de Charles Aznavour). Les nourritures sont bistrotières, calibrées, on les sent sortir du moule comme ce tartare avec ses pommes de terre sautées un peu bricolées, mais ça respire bien à l'image d'un gaspacho de petits pois, d'un demi-coquelet jus à l'estragon, du millefeuille de thon cru au sésame. Il y a même un couple d'amoureux nous versant illico dans la chanson de Bourvil (1961).

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Un texte pour faciliter l'installation des bistrots en zone rurale fait débat parmi les députés

Ce dont je me souviens
Ce sont ces amoureux
Qui ne regardaient rien
autour d'eux
Y avait tant de lumière,
Avec eux dans la rue,
Alors la belle affaire
Le nom du bal perdu.
Non je ne me souviens plus
Du nom du bal perdu.

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Une publication partagée par LE PETIT BAL PERDU PARIS 5eme (@lepetitbalperduparis)

Mais rassurez-vous, cette adresse existe bien. Elle est même née en 1937, s'appela un temps Chez Lena et Mimile, et depuis peu a été reprise par Jean-François Roux (Chez Janou, à Paris), et Tiffany Maes. Mais ce qui rend cette adresse avenante, c'est sans doute ce supplément d'âme, cette insouciance donnée par l'esprit des lieux et surtout par la clientèle.

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Car pour réussir une adresse (comme une pièce de théâtre, un concert, un match de foot), il faut être deux. Et jouer le jeu. La mousse au chocolat est à volonté, l'ananas dans sa fraîcheur se laisse couronner de mascarpone, les fruits rouges, de chantilly, et l'on a envie de prendre un dernier verre. Service pour une fois à l'unisson dans son allant et sa gentillesse.

📍 Le Petit Bal Perdu, 32, rue Tournefort (Paris 5e). Comptez 45 euros par personne.

François Simon

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