LA TRIBUNE DIMANCHE - Si vous aviez su que Laurent Baffie ferait un mea culpa sur ses « années Ardisson », lui auriez-vous consacré ces pages louangeuses ?
THIERRY ARDISSON - Il prenait 10. 000 balles par semaine et aujourd'hui il vient cracher dans la soupe en disant qu'on était cons et machistes ! Tout ça pour tenter d'entrer dans le camp du bien ! Je lui ai écrit : « Écoute, tu es gentil : con et machiste, tu parles pour toi. » Moi, je ne suis ni con ni machiste. Baffie m'a répondu. « J'ai mal joué sur ce coup-là. Je m'excuse. » [Il rit.] Ce que j'ai le moins aimé, c'est quand il dit : « Avec Ardisson, on avait des proies faibles. » D'abord je n'ai jamais employé cette expression, et puis ça supposerait qu'on était comme des violeurs attendant la joggeuse au coin du bois. Enfin ! On interviewait les gens qu'il y avait à interviewer : quand c'était Bret Easton Ellis, c'était Bret Easton Ellis, quand c'était Mélanie Thierry, c'était Mélanie Thierry.
Laquelle vous en veut et vous trouve « abject » !
La prochaine fois, j'attaque : je ne vais pas me laisser traiter d'abject par des filles que j'ai vues deux fois dans ma vie ! On oublie quand même que tout ça a été diffusé sur Antenne 2 ; ce n'était pas ma chaîne perso sur les box comme Cyril Hanouna. Ça s'inscrit dans la dynamique de l'époque. On a cherché à « cancelliser » l'homme blanc de plus de 50 ans que je suis, façon PPDA ou Nicolas Hulot. Mais ils n'ont rien trouvé. Mon père m'ayant toujours appris à me comporter comme il faut avec les femmes, personne n'a pu dire : « Il m'a pelotée dans sa loge il y a vingt-cinq ans. » Faute de faits, ils se sont attaqués au piquant de mes interviews formatées. Mais l'interview « Alerte rose » que j'ai faite à Mélanie Thierry, je l'ai aussi faite à Michel Rocard ! À cause de ces polémiques, ceux qui ont vingt-cinq ans aujourd'hui vont penser : « Ardisson, c'est Bigard. » Ça, c'est dommage. Ce serait triste de réduire à cela cette émission extraordinaire où j'ai reçu les plus grands écrivains et les plus grands hommes politiques ! [La colère retombe en soupir.] J'ai le cuir épais. J'ai toujours pris cher. Parce que je n'étais pas dans le moule. Je n'ai jamais cherché à me faire donner des petits su-sucres par les bien-pensants. Je suis libre. Je n'ai pas besoin d'argent, j'ai une femme que j'adore - Dieu m'a donné la chance de ce grand amour -, ça se passe très bien avec mes enfants et mon ex. Raison de plus pour dire ce que je pense. Je les emmerde !