Des victimes de soumission chimique, le tatoueur d’Auschwitz, Laure Manaudou face aux médias... Notre sélection écrans de la semaine
Rémi Jacob

Découvrez notre sélection écrans de la semaine.
LTD/Martin Mlaka/Sky UK ; Capa ; Chengy/Flab Prod
Rémi Jacob

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LTD/Martin Mlaka/Sky UK ; Capa ; Chengy/Flab Prod

C'est un documentaire choc de quatre-vingt-dix minutes. Avec un fil rouge : le procès des viols de Mazan, qui a fait connaître au monde entier le calvaire enduré pendant dix ans par Gisèle Pelicot. Porté par sa fille, Caroline Darian, Soumission chimique : pour que la honte change de camp est un coup de poing. Une succession de témoignages sidérants de cinq « survivantes » - et d'un homme - qui racontent leurs réveils sans souvenirs.
« L'histoire de notre famille dépasse tout ce qu'on peut imaginer, explique dès les premières secondes Caroline Darian. Je n'imaginais pas qu'on allait faire le tour du monde, ni que ma mère allait devenir une icône. Soudain, des voix se sont élevées partout en France et c'est une foule immense qui m'a rejointe dans mon combat. Aujourd'hui, grâce au procès, quelque chose a peut-être bougé. Nous vivons un moment historique, c'est l'occasion de changer les mentalités. Ensemble, nous pourrons vaincre la soumission chimique. »
Réalisé par Linda Bendali, ce film nous fait découvrir l'histoire de Zoé, 33 ans, droguée et violée lors d'une Fête de la musique. Mais aussi celle de Céline, 46 ans, à qui son patron a administré des somnifères avant d'abuser d'elle. Car, contrairement aux idées reçues, le GHB n'est utilisé que dans 5 % des cas. La plupart du temps, l'agresseur se fournit dans l'armoire à pharmacie familiale et utilise des anxiolytiques, antidouleurs, antiallergiques ou autres qui, à haute dose, peuvent provoquer un black-out de plusieurs heures.
« C'est le viol parfait, qui ne laisse pas de traces », résume Katia, 53 ans, agressée par un banquier lors d'un séminaire de travail. D'utilité publique, ce documentaire permet de saisir à quel point l'affaire Mazan est l'arbre qui cache la forêt, et de mesurer le chemin qu'il reste à parcourir pour que la honte change enfin de camp. Il sera diffusé en prime time ce mardi sur France 2 et suivi d'un débat sur le thème « soumission chimique, que faire après le procès de Mazan ? ». Présenté par Carole Gaessler, il accueillera notamment en plateau Caroline Darian.

En 1942, peu après son arrivée dans le camp d'Auschwitz-Birkenau, Lale Sokolov échappe à la mort en devenant l'un des tatoueurs chargés de graver sur le bras de ses compagnons de déportation leur numéro d'identification. Un jour, le jeune Slovaque croise le regard d'une compatriote, Gita. Le coup de foudre est instantané. Grâce à cette relation, tous deux trouvent la force d'affronter l'horreur qui les entoure. À la sortie de la guerre, ils se marient et fondent une famille.
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Soixante ans plus tard, après la mort de sa femme, Lale, âgé de 87 ans, se confie à Heather Morris, une aspirante écrivaine. Durant près de trois ans, au fil des discussions, il lui raconte cette histoire dont il n'avait jamais parlé publiquement auparavant. En 2017, Heather Morris publie un livre qui se vend à 14 millions d'exemplaires dans le monde. C'est cette histoire vraie qui est au cœur de la série événement Le Tatoueur d'Auschwitz, diffusée sur M6 à l'occasion du 80e anniversaire de la libération du camp de concentration.
Les deux premiers épisodes - la série en compte six - seront proposés mercredi soir dans le cadre d'une soirée présentée par Thomas Sotto depuis le mémorial de la Shoah à Paris. Bouleversante et tout en sobriété, cette série dans laquelle l'amour surgit au plus profond de la noirceur humaine est rythmée par de nombreux flash-back et une réalisation toute en sobriété. Avec un solide casting emmené par Jonah Hauer-King dans le rôle de Lale dans ses jeunes années, Harvey Keitel dans celui de l'octogénaire au crépuscule de sa vie, et Melanie Lynskey, qui incarne avec justesse l'autrice Heather Morris.

Jeux olympiques d'Athènes, 15 août 2004. C'est la finale du 400 mètres nage libre. Ce jour-là, la France entière se prend de passion pour une nageuse de 17 ans qui décroche avec un rare aplomb la médaille d'or. « Cette course a changé ma vie », reconnaît vingt et un ans plus tard Laure Manaudou dans un documentaire diffusé ce dimanche soir à 21 heures sur Canal+. Pour le meilleur mais aussi le pire, à l'image de la surmédiatisation étouffante et destructrice qu'elle a dû affronter.
Les réalisateurs Laurie Delhostal et Guillaume Priou ont d'ailleurs choisi de titrer ce portrait Laure ! Laure ! Laure !, en écho à la meute de journalistes qui l'a traquée sans relâche pendant des années. Laure Manaudou revient également sur la publication de photos intimes par son ex-petit ami, un événement traumatisant qui l'a profondément abîmée. Un récit authentique émaillé des précieux témoignages de son ex-entraîneur Philippe Lucas, de ses frères, mais également de ses parents, qui ouvrent pour l'occasion le placard à archives.
Rémi Jacob