Tout juste sorti de la crise des composants, le fabricant toulousain d'équipements électroniques Actia accuse une baisse d'activité depuis le début de l'année. Les difficultés rencontrées par les secteurs de l'agriculture et du BTP affectent la demande en équipements pour les véhicules dans ces filières.Alors que les syndicats agricoles font monter tous les jours un peu plus la pression sur le gouvernement, la crise au long cours traversée par le secteur a aussi des répercussions... dans l'industrie. « Les agriculteurs sont très endettés, ont peur de l'avenir. Certains préfèrent garder leur vieux tracteur, attendre un ou deux ans pour changer de moissonneuse-batteuse », observe Jean-Louis Pech, président d'Actia, fabricant d'équipements électroniques.
Chute de la demande d'engins agricoles et de chantier
L'ETI toulousaine (4.000 salariés dans le monde, près de 580 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2023), qui venait de retrouver son niveau d'avant Covid, a vu son chiffre d'affaires accuser une baisse de plus de 3% sur le premier semestre 2024. Une chute notable de 28% est enregistrée pour le seul secteur dit off highway, qui regroupe les équipements électroniques pour les véhicules agricoles et les engins de chantier. « L'agriculture et le secteur du BTP souffrent et entraînent avec eux l'automobile, ce qui génère une baisse de la demande de composants électroniques », analyse le dirigeant de l'entreprise qui fournit notamment CNH (Case New Holland), le leader mondial du machinisme agricole avec John Deere.
Actia doit aussi faire face au trou d'air rencontré par Airbus et Thales Alenia Space sur le marché des satellites de télécommunications. Le fabricant a fourni deux modules électroniques pour chacun des près de 650 satellites de OneWeb et est dans l'attente de la confirmation de la constellation européenne IRIS2.
Un outsider dans la course au camion connecté
Pour autant, l'ETI continue à enregistrer ces derniers mois des contrats colossaux, notamment pour accompagner l'essor du camion connecté. « Demain, les camions bénéficieront des mêmes architectures que les nouvelles voitures de type Tesla. Il sera possible de mettre à jour les véhicules pour assurer une évolution des fonctionnalités, de la gestion de la batterie, des avancées en matière de cybersécurité... Cette nouvelle architecture réduit le nombre de calculateurs en centralisant le pilotage des actions dans une unité centrale », décrit Jean-Louis Pech.