De notre envoyé spécial à New Delhi en Inde.
Willie Walsh a l'habitude de distribuer les bons et surtout les mauvais points. Loin de se limiter à cause d'une voix éraillée, le directeur général de l'Association internationale du transport aérien (IATA) s'en est donné à cœur joie à l'occasion de son rapport sur l'état de l'industrie pour la 81e assemblée générale, ce lundi à New Delhi (Inde). Après avoir déploré le climat de guerre commerciale, l'ancien patron de British Airways a pris pour cible les constructeurs, sans oublier de tancer « la grande arnaque verte de l'Europe ». De quoi justifier des prévisions revues à la baisse.
De fait, si Willie Walsh ne s'est pas privé pour vanter la force du transport aérien qui « reste fort et pertinent », il a dû se résoudre à annoncer des projections plus faibles qu'espérées il y a quelques mois encore. L'IATA prévoit désormais 5 milliards de passagers en 2025, au lieu des 5,2 milliards annoncés en décembre dernier, ou encore 69 millions de tonnes de cargo au lieu de 72 millions de tonnes. De fait, les compagnies aériennes à travers le monde ne devraient pas dépasser les 1 000 milliards de dollars de chiffre d'affaires comme prévu, mais se contenter de 979 milliards de dollars. Le niveau de bénéfices a également été revu quelque peu à la baisse, avec 36 milliards de dollars attendus sur l'année. La marge nette des compagnies devrait néanmoins continuer à s'améliorer par rapport à 2024, à 3,7 %.