Le site de l'hôtel des Quatrans le revendique crânement dès sa page d'accueil. Installé dans le centre de Caen, l'établissement classé trois étoiles rappelle qu'il fut, un temps, l'employeur d'Orelsan. Lequel y sévissait comme veilleur de nuit avant de se tailler une place au firmament de la scène française. «
Vous pourrez facilement reconnaître l'hôtel dans la vidéo "Dernier jour de taff" », précise le gérant à l'intention de ses clients à qui ce détail aurait échappé.
É
tonnant ? Pas pour les Caennais qui savent ce qu'ils doivent à celui que Sony vient de débaucher pour la coquette somme de 15 millions d'euros.
Il est vrai que rarement un artiste se sera autant inspiré de la ville qui l'a vu grandir. De la pelouse du stade Malherbe (qu'il soutient assidûment) aux bistrots du port en passant par les douves du château ducal ou l'hippodrome, Orelsan -de son vrai nom Aurélien Cotentin- y a tout décrit ou, à défaut mis en scène dans ses clips. « Quel ambassadeur nous avons là », s'enflamme le graffeur Solice, auteur d'une fresque à succès de presque dix mètres de long qui lui rend hommage sur un mur de la presqu'île. Photographié des milliers de fois, l'endroit est devenu un lieu de pèlerinage pour les aficionados. De son côté, l'intéressé assume sans barguigner ce rôle de porte étendard. « J'suis le mec le plus connu d'ma ville avec Guillaume le Conquérant », chante-t-il.
« Il fait très bien le job pour nous », reconnaît dans un sourire Emmanuelle Hardouin, directrice de l'Office du tourisme de Caen-la-mer pour qui le rappeur est devenu un produit d'appel. En témoigne ce circuit sur les traces d'Orelsan proposé en bonne place dans son catalogue d'offres, comme dans celui de l'agence régionale Normandie Tourisme. Mitonné par le jeune guide conférencier Romain Desclos sous le titre « Dans ma ville, on traîne », le road tour historico-culturel emprunte des sentiers peu battus d'habitude.