Face au vieillissement galopant de la population, l’adaptation des logements devient un enjeu de politique publique.La France vieillit, inéluctablement. D'ici à 2040, la part des 65 ans ou plus, portée essentiellement par la hausse des 75 ans ou plus, devrait passer de 21 % à 26 %. Soit une hausse de cinq points, comparé à aujourd'hui. Selon les projections de l'Insee et de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), 21 millions d'individus de 65 ans et plus vivraient en 2040 en France. Une évolution démographique qui impose d'adapter les logements et les services associés.
La France en retard
Si de nombreux pays sont confrontés au défi du vieillissement, la France, recordman en Europe du nombre de seniors accueillis en Ehpad (577 200 résidents en 2021, d'après l'Insee), a pris du retard dans l'adaptation du logement. Selon un rapport de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) et de l'Agence nationale de l'habitat (Anah), seuls 6 % des logements répondent aujourd'hui aux attentes en matière de maintien à domicile. Pour rattraper le retard, le gouvernement a donc annoncé 680 000 logements adaptés supplémentaires dans les dix prochaines années. Un objectif jugé « ambitieux » par l'Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI).
Seule aide pour le financement de travaux d'adaptation, MaPrimeAdapt', lancée début 2024 et diffusée par l'Anah, a pour objectif d'adapter 45 000 logements en 2025. D'après le dernier bilan trimestriel de l'agence, au 31 mars 2025, 8 795 dossiers ont été déposés et 5 390 engagés. Soit 12,3 % de l'objectif à atteindre. La subvention moyenne par logement s'élève à 6 054 euros.
Florence Falvy avec Guillaume Fischer, Amandine Ibled et César Armand