2,7 millions de ménages français attendent un logement social, un record
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Autour de 82.000 logements sociaux ont été construits cette année contre 120.000 il y a cinq ans, selon l'USH.
Charles Platiau
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Autour de 82.000 logements sociaux ont été construits cette année contre 120.000 il y a cinq ans, selon l'USH.
Charles Platiau
Nouveau (triste) record. Le nombre de ménages en attente d'un logement social a atteint 2,7 millions sur les six premiers mois de l'année, selon les chiffres de l'Union sociale pour l'habitat (USH). Soit 100.000 de plus par rapport à l'ensemble de l'année 2023 et 300.000 comparé à 2022. Dans le détail, 1,8 million de ménages sont en attente d'un premier logement social et 870.000, déjà logés dans le parc existant, en attendent un nouveau.
Elle a ainsi déploré une « dégradation dans l'accès au logement ».
La raison de cette hausse, qui se répète, est double.
Déjà l'année dernière, la présidente de l'USH s'alarmait du nombre d'agréments de nouveaux logements sociaux qui « n'[avait] jamais été aussi bas depuis au moins 2005 », alors qu'il en faudrait « 198.000 par an ». La production de logements sociaux est en déclin depuis 2018 sous le triple effet de la baisse des subventions, de la hausse des coûts de construction et des ponctions de l'État sur les bailleurs.
Si bien que, selon Emmanuelle Cosse, l'attente aujourd'hui pour obtenir un logement social est de « 6 à 7 ans » en France et même de « 10 ans en Ile-de-France ».
Emmanuelle Cosse, qui a été ministre du Logement entre 2016 et 2017 sous la mandature de François Hollande, a par ailleurs dénoncé un gel des crédits accordés par le gouvernement à la rénovation HLM. Elle a ainsi évoqué l'enveloppe de 1,2 milliard d'euros sur trois ans promise par l'ancien ministre du Logement, Patrice Vergriete, à l'automne 2023, destinée à rénover le parc social. « Le gouvernement démissionnaire n'a pas tenu ses engagements (...) Cette enveloppe a d'ores et déjà été gelée sans débat préalable en juillet par (le ministre démissionnaire de l'Économie) Bruno Le Maire de plus de la moitié », a-t-elle affirmé ce mercredi.
Dans un contexte politique et économique « extrêmement flou », « notre crainte, c'est d'une part de manquer de visibilité, mais surtout qu'on soit face à un budget qui soit un budget récessif et surtout qui nous coupe les jambes », a-t-elle ajouté.
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(Avec AFP)
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