On ne peut que souhaiter une bonne année aux groupes de luxe français... ou, du moins, une meilleure année que celle qui vient de se terminer. Avec des baisses en Bourse de 15% sur l'ensemble de l'année pour LVMH, de 26% pour L'Oréal et même 42% pour Kering, 2024 a été l'une des pires années qu'ait connu le secteur depuis plus de dix ans. En cause : une croissance des ventes de 0%, selon Kepler Cheuvreux, « soit la pire année depuis 2009 si l'on exclut la pandémie du Covid-19 », affirme son analyste spécialiste du luxe, Charles-Louis Scotti, à La Tribune. Seul Hermès sort victorieux avec une croissance toujours à deux chiffres et une hausse de 19% de son cours sur l'année passée.
Mais après la pluie, le secteur qui représente un quart du CAC 40 peut-il espérer le beau temps ?
La Chine est pour beaucoup dans cette perspective morose. Avec environ 25% des ventes de produits de luxe, le deuxième plus gros marché du secteur a calé l'année dernière et « il ne faut pas compter sur lui pour sauver la nouvelle année », assure l'analyste de Kepler Cheuvreux. « Il y a eu des annonces de stimulus, mais ce n'est pas suffisant pour compenser le manque de confiance du consommateur chinois qui a revu à la baisse sa consommation de produits de luxe. Tant qu'on ne voit pas le bout du tunnel en Chine, le secteur connaîtra une croissance faible... et cela risque de prendre du temps », ajoute l'observateur. Certains groupes souffriront cependant plus que d'autres. « C'est le cas de Kering puisque sa marque phare, Gucci, réalise 50% de son chiffre d'affaires en Asie », rappelle Thibault François, le président de la société de gestion Fastea Capital.