Quand l’hôpital public se finance grâce à l'épargne des particuliers
Nathalie Jourdan
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De plus en plus apprécié des collectivités, le recours à l'épargne citoyenne serait-il aussi en passe de gagner les hôpitaux publics ? À Saint Lô dans la Manche, le centre hospitalier Memorial France États-Unis est le premier à se laisser séduire par cette alternative.
En complément d'un prêt bancaire de 600.000 euros, le centre hospitalier a lancé le 23 mai un emprunt citoyen d'un montant de 100.000 euros pour financer l'extension de son unité de médecine appelée à passer de 18 à 30 lits. Ledit placement garantit à ses souscripteurs un taux de rémunération de 3% bruts et de 2,1% après impôts.
« Comme l'accès au crédit est devenu compliqué pour les hôpitaux, nous cherchions depuis un moment à diversifier nos sources de financement, explique Cédric Piaud, son directeur financier. Faire appel à l'épargne citoyenne nous a paru pertinent s'agissant d'une offre de soins qui concerne tout le monde ». Le pari est à deux doigts d'être gagné.
Initié avec la complicité de la plateforme de financement citoyen Villiz, passée experte dans ce type de montage pour les acteurs publics, la démarche a rapidement fait mouche. Le 4 juin, le montant collecté avait déjà atteint 60.000 euros. Soit presque les deux tiers de l'objectif final. Et ce, à plus d'un mois de la clôture de la campagne fixée au 15 juillet. « Les contributeurs sont très majoritairement des locaux », précise la plateforme à La Tribune.
Cerise sur le gâteau, Cédric Piaud constate que l'opération lui a permis d'acquérir un pouvoir de négociation supplémentaire auprès de ses prêteurs bancaires classiques. « Nous avons obtenu un meilleur taux que celui qui nous était proposé initialement [de 4,2% à 4,05% ndlr] parce que cela a diminué leur niveau d'exposition », se félicite-t-il.
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Rassuré par ce « ballon d'essai », l'établissement n'entend pas s'arrêter au milieu du gué. Aux prises avec un déficit de 8 millions d'euros qui ne lui laisse guère de marges de manœuvre, il projette déjà de rééditer la démarche, cette fois pour l'hôpital de Coutances qui lui est rattaché. « Ce second emprunt citoyen portera sur la reconstruction d'une aile. Il devrait se monter à plus 500.000 euros pour un projet d'un coût total de 12 millions », détaille son directeur financier.
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