Immigration illégale : Paris et Berlin veulent un nouvel accord avec Londres
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Le Royaume-Uni reste un pays très attractif pour les migrants qui risquent leur vie en tentant de traverser la manche. (Photo d'archives)
Chris J Ratcliffe
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Le Royaume-Uni reste un pays très attractif pour les migrants qui risquent leur vie en tentant de traverser la manche. (Photo d'archives)
Chris J Ratcliffe
Paris et Berlin veulent renforcer la lutte contre l'immigration illégale en Europe. Et notamment améliorer le démantèlement des filières clandestines à destination du Royaume-Uni. Pour cela, la France et l'Allemagne ont envoyé, ce vendredi, un courrier à la Commission européenne.
C'est pourquoi la Commission Européenne devra présenter « rapidement un projet de mandat de négociation en vue d'un accord avec le Royaume-Uni sur les questions d'asile et d'immigration ».
Gérald Darmanin avait formulé la même demande début septembre après la mort d'au moins douze migrants au large de la France.
Or, « l'absence de perspectives légales au Royaume-Uni incite à la clandestinité et nourrit les réseaux de passeurs » en mettant en danger les personnes traversant la Manche et la mer du Nord.
Le nouveau Premier ministre britannique Keir Starmer s'est dit prêt à accélérer le traitement des dossiers de demandeurs d'asile tout en durcissant la lutte contre les passeurs.
Gérald Darmanin et Ylva Faeser déplorent également que les « règles de Dublin ne soient que peu, ou pas, appliquées par certains Etats membres ». Selon ce règlement communautaire, le premier pays de l'Union dans lequel est entré un étranger clandestin est responsable de sa demande d'asile, mais les Etats aux frontières extérieures de l'UE, comme l'Italie et la Grèce, critiquent ce mécanisme, appelant à plus de solidarité parmi les Vingt-Sept.
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En Allemagne, un attentat meurtrier à Solingen (ouest) en août, imputé à un Syrien de 26 ans qui aurait dû être expulsé vers la Bulgarie, où son arrivée avait été enregistrée, a mis en lumière des failles dans le système.
En réponse, l'Allemagne a réintroduit depuis le 16 septembre et pour six mois des contrôles généralisés avec les neufs pays à ses frontières pour lutter contre l'immigration illégale, avec un risque d'effet domino et de nouvelles tensions dans le reste de l'Union européenne.
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Une situation économique dégradée au Royaume-Uni
Si le Royaume-Uni reste très attractif pour beaucoup de migrants, le pays n'est pas dans une grande forme économique. Le nouveau gouvernement travailliste doit jongler cet automne avec une dette qui atteint 100% du PIB en août, selon des chiffres provisoires de l'Office national des statistiques (ONS). Il s'agit d'un niveau inédit depuis les années 1960.
Pire l'organisme public de prévision budgétaire OBR a averti que la dette publique britannique pourrait même « presque tripler » dans les décennies qui viennent, si le pays conserve sa trajectoire.
« Sur la base des politiques actuelles et des dernières projections démographiques, la dette publique devrait presque tripler, passant de près de 100% du produit intérieur brut (PIB) à plus de 270% au cours des 50 prochaines années », résume OBR.
Dans ce contexte, le Premier ministre travailliste Keir Starmer a d'ores et déjà prévenu que son premier budget, attendu le 30 octobre, serait « douloureux ». D'autant que la croissance est particulièrement faible : elle n'a progressé que de 0,6% entre avril et juin. Le budget du gouvernement devrait donc allier une probable réduction des dépenses publiques et des augmentations d'impôts.
(Avec AFP)
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