Salaires : les femmes subissent toujours des inégalités, même en fin de carrière
Raphaël Melka
Bien qu’elles soient plus souvent diplômées et qu’elles aient atteint la séniorité, les femmes continuent à voir leurs salaires dévalorisés en regard de ceux des hommes.
Reuters
Jeudi, l’Observatoire de la Fondation des Femmes a publié une étude sur le « coût de la séniorité des femmes ». Décryptage de ce phénomène qui touche la fin de carrière des salariées.
Le niveau de vie progresse avec l'âge, mais les inégalités salariales entre hommes et femmes ne s'estompent pas, elles se maintiennent. C'est la conclusion d'une étude publiée jeudi par l'Observatoire de la Fondation des femmes (FDF), à propos du « coût de la séniorité des femmes », et fondée sur les récents chiffres de l'Insee.
« Entre 40 et 60 ans, une femme perd en moyenne 7 862 euros par an, soit 157 245 euros sur vingt ans », comparée à un homme pourvu à âge et compétence égale, souligne l'étude. Un manque à gagner qui représente plus d'une année de salaire.
L'Observatoire de la FDF attribue cette différence à une « accumulation d'obstacles structurels : carrières discontinues, métiers dévalorisés, surcharge de soins aux proches, temps partiels contraints, plafonds de verre renforcés. »
Laetitia Vitaud, l'autrice de l'étude développe. Pour elle, les femmes en fin de carrière sont souvent prises en étau entre petits-enfants, enfants et parents âgés, dont il faut s'occuper. Les femmes auraient systématiquement un rôle de « care giver » (pourvoyeuse de soins), ce qui influence défavorablement leur carrière. Si elles optent pour le temps partiel, afin de s'occuper de proches, « c'est difficile de remonter la pente », juge-t-elle.
Un effet boule de neige
Ces inégalités salariales se répercutent aussi sur la toute fin de carrière. En 2022, le taux de chômage des 55-65 ans est sensiblement le même chez les hommes et les femmes, mais comparés à ces dernières, les hommes sont plus souvent lors de cette période déjà à la retraite (27,9 % contre 23,6 %) : les femmes se retrouvent donc plus fréquemment dans un entre-deux, sans emploi ni retraite. Elles ne perçoivent alors ni pension ni salaires, ce qui les plonge dans la précarité. Laetitia Vitaud explique que « les écarts à la moyenne de salaire des femmes augmentent. Tandis que certaines s'en sortent très bien, il y a toute une partie de la population qui est de plus en plus fragile, de plus en plus vulnérable ».
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Sans compter que cette différence de revenus entre hommes et femmes durant la seconde partie de la vie active s'accentue encore lorsque survient la retraite, avec des « écarts de pension approchant les 40 % », souligne la Fondation des Femmes. C'est l'effet boule de neige : les femmes gagnent moins, cotisent moins, et touchent moins de pensions. Et ce, alors que les femmes aujourd'hui sont en moyenne plus diplômées : selon l'Insee, 42 % des femmes sont diplômées du supérieur, contre 37 % des hommes.
En 2024, les femmes ont travaillé « gratuitement » dès le 8 novembre à 16 h 48, du fait des inégalités salariales avec les hommes.