Élisabeth Borne, histoire d’une occasion manquée
Ludovic Vigogne
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La Première ministre, à Colleville-Montgomery, le 6 juin 2023.
Ludovic Marin/AFP
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La Première ministre, à Colleville-Montgomery, le 6 juin 2023.
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Le 27 août, Élisabeth Borne revient de Tourcoing. Elle y a marqué un point. Alors que la rentrée de Gérald Darmanin a mis le feu à la majorité ces derniers jours, elle a sèchement rappelé à l'ordre son ministre de l'Intérieur lors d'un discours d'à peine dix minutes. Par la suite, nombre de ses proches lui conseilleront de s'aventurer de nouveau ainsi sur le terrain politique. Le 9 novembre, elle reçoit à dîner sept ministres qui figurent dans cette catégorie. Autour de la table, Stanislas Guerini, Clément Beaune ou Olivia Grégoire l'incitent à « refaire du Tourcoing ». Mais la Première ministre ne suivra pas leur conseil. « Il y a toujours une forme de réticence. Elle avait un capital politique entre juillet, où elle avait été reconduite à Matignon, et fin août. L'élan est retombé », concluait, dépité, un de ses soutiens en décembre.
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Et si c'était là l'occasion qu'elle avait manquée ? Pour Élisabeth Borne, les heures paraissent désormais comptées Rue de Varenne, six cents jours après son installation. Peu d'entre eux y auront été tranquilles. À l'Assemblée, la majorité relative a été une source de préoccupation permanente. « Il y a assez peu de textes dont je n'ai pas besoin de me mêler », confiait-elle encore récemment. Les poids lourds de son gouvernement, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, n'en ont fait dès le début qu'à leur tête. Fréquemment, Emmanuel Macron l'a mise en insécurité, posant la question de son maintien à son poste. « Elle ne prend pas de plaisir à Matignon comme on finit normalement par le faire quand on commence à maîtriser à peu près les choses », constatait il y a peu Édouard Philippe.
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