À Beauvau, on assure que la réunion prévue mardi n'a pas été organisée à la suite de l'émotion nationale suscitée par l'assassinat de Philippine par un Marocain déjà condamné pour viol et faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Sur le papier pourtant, cette rencontre entre Bruno Retailleau et les 21 préfets des départements concernés par 80% des procédures d'expulsion apparaît comme une réponse aux failles qui ont conduit à la remise en liberté de l'auteur présumé du meurtre de l'étudiante de 19 ans. « L'idée, c'est de voir comment on expulse mieux, plus et plus vite », explique-t-on dans l'entourage du ministre. Bruno Retailleau est un homme pressé.
Le jour où son Premier Ministre prononcera son discours de politique générale à l'Assemblée nationale devant le pouvoir législatif, il tentera d'explorer toutes les pistes qui s'offrent à lui notamment par voie réglementaire. L'allongement de la rétention administrative, la création de nouveaux centres de rétention administrative (CRA), la réforme des escortes lors des expulsions forcées font partie des pistes. Globalement, l'entourage du ministre de l'Intérieur dénonce « l'omniprésence du judiciaire et la lourdeur législative et administrative » dans le cadre de ces procédures. Le nouveau locataire de la Place Beauvau avait, dans un premier temps, parlé de 10 préfets, ils seront finalement 21 autour de lui et ses conseillers.